A B I S T O D E N A S :
Le Français du Sud-Ouest
Bernard Vavassori
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colorier - cuvier
colorier
v. Colorier. Aux trois premières personnes et à la troisième du pluriel du présent de l'indicatif ou du subjonctif, ce verbe est souvent prononcé [colòrieu], soit accentué sur l'avant-dernière syllabe. - Comment on le colòrieu ça, Madame ? Cette façon de parler est en voie d'extinction. (Même manière de prononcer pour copier : - Je còpieu...).
comac
adv. (argot). Ø1. Comme ça Ø2. Génial, super. - Elle est comac la nana de Raymond ! (De l'occ. coma aquò).
combien-t-il en faut ?
Un t s'intercalle intempestivement entre les deux premiers mots sous l'influence probable de "combien en faut-il".
commander
expr. Sans te (vous) commander : s’il vous plaît... - Sans vous commander, vous pourriez me faire passer une chaise, monsieur ? : (De l'occ. sens vos comandar [pron. Séns bous coumandà]).
comme ça
Dans des expressions comme : - Il me faudrait un tournevis ou comme ça pour soulever cette plaque : ... ou quelque chose comme ça. - Pour aller à Tarbes, il doit me falloir deux heures, ou comme ça. ... ou à peu près. (De l'occ. coma aquò qui s'emploie avec ces mêmes nuances de sens. Aussi en occ. quicòm atal).
comme tout
loc. adv. Très, vraiment - Ce petit, il est mignon comme tout. : ... Il est vraiment (très) mignon. - Aujourd'hui, j'ai pris un manteau !... et il a fait chaud comme tout ; on sait jamais comment s'habiller, tê ! : Cette expression entendue ailleurs en France est particulièrement fréquente "par chez nous".
commission
n.f. Faire la grosse commission, la petite commission : euphémismes pour déféquer, uriner. - Je suis embêté, j'ai besoin d'aller aux toilettes et je ne sais pas où aller. - C'est pour la grosse commission ou la petite, parce que si c'est pour la petite tu peux aller derrière l'arbre, là. Personne ne te verra ! Expression non exclusivement méridionale.
commune
n.f. Mairie. (De l'occ. comuna : maison commune). Les ouvriers de la commune : les ouvriers municipaux.
comporte
n.f. Cuve de bois servant au transport de la vendange. - Quelques jours avant la vendange on met les comportes à tremper. On les couvre avec des sacs de jute que l'on arrose régulièrement afin de faire gonfler le bois et le rendre étanche. (De l'occ. compòrta [pron. compòrto]. Ce mot occitan figure dans le larousse. Voir à, asaiguer, barquet, bécat, bigos, bourre, Bourrou, cabeçal, carredjadou, fessou, gabel, majunquer, pichobi.
comprenette, comprenelle
n.f. Cerveau, intelligence, capacité à comprendre. - Ne sois pas trop exigeante avec lui, tu sais, il est un peu dur de la comprenette. (A partir du verbe occ. comprene : comprendre). Voir banaste, idnjaourit, innocent, pépiòt, pirol
con !
interj. Marque l’admiration, l’étonnement. Ponctue la conversation, n’a pas de traduction exacte, peut être omis ou remplacé par son voisin de palier "couillon". Est naturellement absent en temps que virgule en fr. du nord de la Garonne. - Alors, con, quand je l’ai vu, j’ai pas hésité, con, j’y suis été ! ... - Oh, con ! - Bou (ou bo) du con !, - Putain con ! - Eh oh con ! Le Toulousain pur et dur qui essaie avec peine de se corriger dira seulement bouduc..., en attendant de faire mieux... En tout cas il faut noter que son emploi est de moins en moins fréquent chez les jeunes et considéré maintenant comme très peu élégant, alors qu'il passait "presque" inaperçu il y a quelques années, con ! esp. ¡coño! cat. cony !
confesser
v. 1. Se confesser. - Et la maman, où elle est ? Elle est allée promener ? - Que non ! Elle est allée confesser, que demain c’est Pâques... : (En occ. confessar [pron. counfessà]). Voir extrêmoncier, madonne, ritou Ø2. Confesser un lit : le faire à la va-vite, sans avoir aéré les draps. Ø3. expr. Ne pas être confessé de frais : se dit à quelqu'un qui vous a marché sur les pieds ; ça vous a fait mal car il a pesé de tout le poids… de ses péchés. - Eh bé ! Ca se voit que tu n'es pas confessé de frais !
connaître
v. 1. Reconnaître - J’ai vu le Roger, celui de Tuzaguét ; je l’avais pas vu depuis longtemps ; eh bé tu sais que j’ai failli ne pas le connaître ? 2. expr. Se faire connaître. - Si tu vas voir le maire, fais-toi connaître : … dis qui tu es, en précisant que tu connais des gens bien placés. (De l'occ. connéisser [pron. counèissé] : connaître et reconnaître). 3. expr. Ça se connaît que… On voit bien que…- Tu as de petits yeux ! Ça se connaît que tu t’es couché tard ! Ø4. - Je suis été au coiffeur hier, eh bé avé le vent qu'il fait, c'est pas de connaître, pauvre !… Aussi - Ça ne se connaît pas. - Je viens de balayer, mais avé ces drôles, ça se connaît pas ! : … ça ne se voit pas. Ø5. - Se connaître : - Au moment de mourir, il ne s'est pas connu : … il n'était pas conscient.
conque
n.f. Ø1. Bassine, cuvette pour laver le linge, petit bac à lessive. (De l'occ. conca). Ø2. expr. Avoir de la conque : avoir de la chance.
contenir
v. Tenir. - Catche avec les pieds parce que sinon cette vendange elle va pas y contenir dans la cuve ! : ... elle ne va pas y tenir. - Si vous venez à cinq, on va jamais y contenir dans cette voiture ! ... il n'y aura pas assez de place pour tous. Par contre on pourrait dire que cette voiture ne pourrait pas nous contenir, mais aucun méridional ne parlerait naturellement ainsi.
contour
n.m. Virage, tournant. - Pour monter dans l'Aveyron c'est surtout long à cause des contours... pasque la route elle est pas si mauvaise que ça ! Voir tournée.
contournière
n.f. Labour en bout de champ dont les sillons sont perpendiculaires aux sillons initiaux. - On aura fini de labourer le champ à midi. Comme ça, cet après-midi, il ne restera plus qu’à faire les contournières. (De l'occ. contorniera [pron. contournièro] : partie d’un champ qu’une charrue ne peut pas atteindre).
contraire (au)
loc. 1. - Pas du tout ! - Tu t’es fait mal ? (à quelqu’un qui est tombé) - Au contraire ! (De l'occ. al contrari). Ø2. au sens contraire : à l'envers - Tu pourrais travailler comme il faut, au lieu de ça, tu mascagnes et tu fais tout au sens contraire ! (De l'occ. al sens contrari).
contrefaire (se)
v. pr. - Faire un faux mouvement. - J’ai un de ces mals de dos ! - Et qu’est-ce qu’il t’arrive ? - Eh bé, je me suis contrefaite en fermant les contrevents ! - Oh ! Mince ! Voir avoir.
copain, copine (être)
expr. 1. - J’en ai marre de toi, je m’en vais ! - Pourquoi ? tu m’es plus copine ? - Non je te suis plus copine : ... tu n’es plus ma copine ? (langage des enfants, plutôt chez les filles). Aussi : - Je te tiens plus copine : Je ne suis plus ta copine. toulouse.
coque
n.f. 1. Gâteau. - Pour les Rois il est habituel d'acheter une coque, une fouace, un tourteau... suivant la région d'où l'on est. (De l'occ. còca [pron. coúco] : pain blanc, gâteau). - Aquel voldria la còca emai l'ardit ! : Celui-là, il voudrait le beurre et l'argent du beurre. cat. coca : tourte, tourteau, pâté en croûte. Voir fouace, limoux, royaume, tourteau. Ø2. Coque de maïs : épi (De l'occ. coca : épi de maïs). Voir carouille, coucarel, despélouquer, escapiter, escarouiller, millas, panouille, péloc, tanoc.
coquelin-coqueline
n. m. et f. Poule naine. L'équipe féminine de rugby de Marciac (Gers) se nomme les Coquelines. - Pour bien faire il vaudrait mieux que ce soient des poulardes que des poules naines, mais pour des filles, les coquelines c'est quand même plus joli ! …Voir caquinet, quéquét, quiquine.
coquin de sort
expr. - Oh ! Coquin de sort, alors ! J’ai le gosse qui m’est encore revenu de l’école en sang. Il n’arrête pas de se battre ! (Expr. occ. [pron. couquín dé sòrt']). Voir canaille, couqui.
corner
v. Sortir les cornes (escargots). - Il pleut, les escargots vont corner !
côté
loc. adv. 1. À côté de : Par rapport à, en comparaison avec. - Tu te plains qu'il pleut trop, eh bé, à côté de la Bretagne, il faut pas se plaindre !… par rapport à la Bretagne. Ø2. Par côté : sur le côté - "Mets-toi par côté que tu vas te faire écraser" : Écarte-toi.
n.m. Rafle, épi de maïs dépouillé de ses grains. Les coucarels, on s'en servait pour allumer le feu dans les poêles ou les cheminées, autrefois; et les élèves qui étaient chargés d'allumer le poêle de l'école en apportaient de chez eux. (De l'occ. cocarèl [pron. coucarèl]). NB. cat. cucurell : sommet. Voir cabosse, carouille, coque, despélouquer, escapiter, escarouiller, millas, panouille, péloc, tanoc.
coucou
n.m. Mot enfantin : œuf. Voir cocoye.
coucougne
n.f. - Ce petit il faudrait tout le temps être en train de le câliner, il adore les coucougnes (ou la coucougne)... Voir coucougner.
coucougner, coucouner, coucounéjer
v. Dorloter, se faire dorloter ; faire des câlins... - Il a dix ans, mais le soir, il aime bien aller coucougner avec sa maman. (De l'occ. coconar [pron. coucounà] : dorloter). ital. coccolare : dorloter. NB. : La ressemblance de ce mot avec l’anglais cocooning [de cocoon (cocon)], d’adoption récente, est le fruit du hasard.
coucougnette
n.f. Confiserie béarnaise (Pau) : coucougnette d'Henri IV. La Gourmandise ou "Coucougnette" fait allusion à la galanterie légendaire d'Henri IV qui aurait eu pas moins de 54 maîtresses. Elle est fabriquée à base d'amandes broyées (l'amande est considérée depuis l'antiquité comme le fruit de l'amour). Le coeur de la "gourmandise" est une amande douce entière, grillée parfumée avec un zeste d'eau de vie de gingembre et une rasade d'armagnac puis enrobée de chocolat noir. Elle est roulée entièrement à la main et trempée dans du jus de framboise qui lui donne une couleur rosée. Afin de conserver sa saveur, son moelleux et sa fraîcheur, elle est enveloppée d'un léger voile de sucre de canne Candy à la parisienne.
coucoulou
expr. Se mettre à coucoulou : s'accroupir. – Allez ! On va jouer à saute-mouton. Mets-toi à coucoulou. (De l'occ. a cocolons [pron. a coucoulous]). ital. starsene coccoloni et accoccolarsi : s’accroupir.
coucounerie
n.f. Bêtise, stupidité, connerie dont on n'ose pas dire le nom. - A la télé maintenant y a de ces coucouneries style la Starac et compagnie, y en a pour pleurer ! (Mot formé à partir de coucounét).
coucounét
n. Gros ou petit bêta. - Tu sais qu'elle est quand même coucounette cette boulangère, eh ! Elle m'a laissé une baguette alors que je voulais deux flûtes ! (De l'occ. cocomét). Voir banaste, cabourd, couèc, clouque, cocoye, couillon, estimbourlé, falourd, indjaourit, innocent, inténerc, maché, pec, pépiòt, piroulét, tartagnole.
coucourde, cougourde, coucourle.
n.f. 1. Girolle, coulemelle, cèpe et même oronge, suivant les villages. Mais en général il s'agit de champignons de peu d'intérêt. (De l'occ. cocorla [pron. coucoúrlo]). Voir moussalou. Ø2. n.f. Idiote. - Quelle coucourde cette épicière ! Elle m’a refilé un camembert au lieu d'un cabécou ! - Quelle couge (courge) celle-là ! - Coucourde, que tu es ! (occ. cogorda ou cogorla [pron. cougoúrdo-lo] : citrouille, courge). LANGUEDOC. Voir clouque, cuge, couille.
coucut, cocut
n.m. 1. Jonquille sauvage. - Ah non ! Tu confonds ! Ça, c’est pas des jonquilles, c’est des cocuts ! 2. - Coucou (oiseau) cat. cucut esp. cuco ital. cuculo coucou. Ø3 expr. - Ce gosse, il ne fait rien à l’école ! Je ne sais pas ce que je vais en faire, tê ! Lui qui voulait être fonctionnaire ! - Oh ! pauvre, tu sais bien que les agasses ne font pas des cocuts ! - (… les pies ne font pas de coucous ce qui signifie qu'avec les parents qu'il a on n'a pas grand chose à espérer de lui). On trouve aussi dans ce sens : Il ne faut pas demander des poires à un peuplier. NB. Le quartier toulousain des Trois-Cocus est bien celui des trois coucous et non des trois maris trompés. Il est en effet peu probable que, vu le nombre de couples vivant dans le coin ce soit celui des trois cocus (seulement). (De l’occ. cocut : coucou ; primevère, narcisse des prés). 4. Echenilloir (sécateur monté sur un long manche, muni d'un cordon permettant de couper les branches hautes de certains arbres). 5. merde de cocu : Gomme des cerisiers. - Il faut que j’enlève la voiture de dessous les cerisiers, qu’après elle sera pleine de merde de cocu et ça t’esquinte la carrosserie, ça, nom d’une pipe ! (De l'occ. merda de cocut).
coudénat
n.m. Andouillette - Si tu demandes du coudénat au boucher à Paris, il se pourrait qu’il ne te comprenne pas ! - Y a des chances ! (De l'occ. codena [pron. coudèno] : couenne). ital. cotenna cat. cotna : couenne.
coudène
Voir couenne
coudier
n.m. Etui pour la pierre à aiguiser. - Le faucheur met sa pierre à aiguiser dans le coudier rempli d'eau. Celui-ci peut être en bois ou fabriqué à partir d’une corne de vache évidée. Le paysan porte son coudier à la ceinture. (De l'occ. codièr [pron. coudié]). Voir daille, piquer.
coudinou
n.m. Ramequin, petit pot. - Tiens, aide-lui à préparer le dessert : mets la crème dans les coudinous. Ça ira plus vite. Voir cassette, couquelle, coufidou, oule, toupi.
coudougnat
n.m. Raisiné, confiture que l'on fait à la fin des vendanges avec du jus de raisin et d'autres fruits de saison tels que poires, pommes ou coings. (De l'occ. codonhat : cotignac). ital. cotogna : coing.
couéjer
Voir couétéjer.
couenne, coudène
n.f. 1. Couenne, peau : - Être rasé ras la coudène : être rasé de frais. 2. expr. En avoir ras la couenne : en avoir ras la casquette, ras le bol : - J'en ai ras la couenne moi de toi, eh ! Si tu continues je te fous à la Garonne ! 2. adj. Idiot, niais - Quelle couenne tu es, alors, mais tu comprends rien, ma parole ! (occ. codena). Voir coufle
couétéjer
v. 1. Remuer la queue. - Regarde comme il est content ce chien de me voir ! Il couétèje comme un pèc ! (De l'occ. coetejar [pron. couétedjà]). cat. cuejar, cuetejar. Ø2. Être responsable d’une queue de voitures sur la route : - Va plus vite, sinon tu vas couétéjer ! : ... tu vas occasionner un bouchon.
couette
n.f. 1. - Petite queue, couette (de cheveux. Figure au larousse sous ce sens) (De l'occ. coeta [pron. couèto] : petite queue). Ø2. - Couverture de plumes, couette. Prononcé kwate, notamment en gasc. cat. cueta.
couffe
n.f. ï 1. Gaffe, bévue... - Si tu as dit à ma femme que tu m’avais vu en ville avé la voisine, là, tu as fait une couffe, pasque moi je lui ai dit que j'allais aux cèpes ! (De l'occ. cofar : coiffer, duper). ï 2. Pet. (De l'occ. cofla : gonflement du ventre). Voir béchie, louf, loufe.
coufidou
n.m. Espèce de petit chaudron de fonte où l’on fait cuire, mijoter ou coufir un met. - Bon ! J’ai mis les châtaignes dans le coufidou en attendant le dessert. Comme ça elles auront le temps de se faire. (De l'occ. confidor [pron. counfidou], lui même de confir). Voir cassette, couquelle, coudinou, oule, toupi.
coufir
v. - Cuire lentement, mijoter. Les châtaignes, on peut aussi les faire coufir sous la cendre. (De l'occ. confir [pron. coufí]). Voir cramer, rabastiner, rabiner, rumer.
coufle
expr. Ø1. Être coufle : être repu ou ivre. (Variante entendue en Dordogne : avoir les pieds jufles, pour les pieds gonflés). Voir bandé, béouét, cufelle, empaffé, empéguer, fatigué, hart, hartère, joli, pété, pinté, tenir. Ø2. Être au bord des larmes. (De l'occ. estre confle [pron. estre coufle]). Ø3. En avoir un coufle : en avoir par dessus la tête. Syn. de en avoir un sadoul et en avoir ras la couenne. Voir jufle.
coufler
v. Ø1. Gonfler. Voir enfle. Ø2. Se coufler : se vanter : - Arrête de te coufler que tu vas exploser ! (De l'occ. coflar : gonfler). Voir engaillouster.
couflette
n.f. Vantard. - Quelle couflette celui-là, toujours à se faire mousser ! (De l'occ. coflar : gonfler)
couge
n.f. - 1. Courge. - Pas terrible ce melon... c'est une couge ! 2.Ø Femme idiote. (De l'occ. coja [pron. coújo] : citrouille). midi toulousain. Voir clouque, cuge, cugie, couille, coucourde. Parallèlement on note qu’en ital. on dit cetriolo (concombre, cornichon) à une personne idiote. Les cucurbitacées on donc mauvaise presse dans certaines langues latines !
cougnagne
n.m. & f. Couillonou, benet, niais. Voir banaste, cocoye, couillon, counét, counifle, cunèfle, fada, inténerc, pec, pépiòt, pirol.
couille
n.f. 1. Conne. - Ne l’écoute pas, c’est une couille et pas autre chose ! Féminin de con, mais beaucoup plus vulgaire. Voir clouque, coucourde, cuge. Ø2. expr. Avoir les yeux en couilles d'hirondelle. Voir yeux.
couillofe
adj. Sot, nigaud, imbécile (De l'occ. colhaud). Voir coucounét, couillonét
couillon
n.adj. 1. Sot, nigaud, benêt. Injure sans méchanceté. - C’est un brave couillon ! : c’est un bel idiot. Figure au larousse comme mot fr. (En occ. colhon [pron. couillou] : testicule) 2.- Eh bé couillon ! Exprime l’étonnement, l’admiration... Peut également servir de ponctuation comme son proche parent con. Voir con. ital. : coglione : testicule, poltron, personne stupide. cat. collóns : couilles. Es un imbecil de collons : c'est un bougre de couillon. esp. cojón, cojones : testicule-s - employé à toutes les sauces, sans avoir le sens de stupide.
couillonner
v. - Tromper, escroquer... - Le mécano, il m’a bien couillonné. Il m'a changé les freins de la voiture alors que je lui avais demandé de me regarder les plaquettes rien que ! Figure au Larousse comme mot fr. Faire quelque chose à la « m’as couillounat quand t’ai bist » (En occ. M’as colhonat quand t’ai vist): n'importe comment. Littéralement "tu m’as couillonné dès que je t’ai vu". Voir enfler, enganer. De l’occ. colhonar [pron. couillounà].
couillonou, couillonét
n.m. Petit couillon ou gros bêta, au choix. Insulte gentille qui ne doit jamais être vexante. - Couillonou, va, que tu es ! (De l'occ. colhonon, colhonét).... Voir couillon.
couilloule
n.f. Folle avoine. (De l'occ. coguola). cat. cugula.
couillounas
n.m. Grand couillon. (De l'occ. colhonàs). Voir couillon.
couler
v. Soutirer, passer, filtrer le vin. - Il va être temps de couler le vin nouveau ! (De l'occ. colar [pron. coulà]). cat. colar, esp., colar, ital. colare, même sens. Voir alambiqueur, barral, barricou, Bourrou, farlabique, gabel, pintou, riquiqui.
counas, counart
n.m. Grand con. Con suivi du suffixe augmentatif occitan - às. Voir banaste, cabourd, couillon, counét, counifle, cunèfle, pépiòt et aussi despindjolard, fégnantas, ficelle, fier, galé, grandas, grandét.
counét
n.m. Petit con, niais, personne peu futée. Voir connaud.
counifle, cunèfle, counét
n.m. Con. Si un counas est un vrai con et un grand con à la fois, un counifle ou un cunèfle ainsi qu'un counét sont des petits cons ou des pauvres cons, en tout cas des gens pas très dégourdis. Voir banaste, cabourd, couèc, clouque, cocye, couillon, estimbourlé, falourd, indjaourit, innocent, inténerc, maché, pec, pépiòt, piroulét, tartagnole.
coup
n.m. Ø1. expr. Passer un coup : - Passe-toi un coup par la figure que tu es tout sale. - Il faut que je passe un coup par terre ; tu as sali avé tes souliers plein de boue ! : sous-entendu un coup de gant de toilette ou de serpillière. Ø2. d'un coup de… - Bernard ! Va chercher le pain, d'un coup de voiture ! : Signifie en voiture, mais également rapidement. On dit aussi : d'un coup de vélo et même d'un coup de pied, c'est à dire à pied, mais vite. Voir bomber, blinde, bringue, brúllos, fum.
couper
v. 1. Casser. - Tu sais pas que son fils il s’est coupé le bras en descendant les escaliers ? - Eh bêêêê !... Remarque, il vaut mieux ça, que de se couper une jambe ! - Tu l’as dit ! - Tu as encore coupé un carreau, eh ? - Ouh ! A moi, les mots croisés, ça me coupe la tête ! Ø2. - Abîmer - Arrête de jouer avec ce stylo, tu vas finir par le couper ! (De l'occ. copar [pron. coupà] : couper, tailler, casser, interrompre). Voir catuillier, escagasser, escaraougner, péter, pigner, trucher. 3. couper l’eau : expr. Si en fr. standard on coupe l’eau avec un robinet, dans le Sud on peut aussi la couper en y mettant un peu de vin, afin qu’elle soit plus agréable à boire ! Cependant que dans le "Nord " on coupe le vin avec un peu d’eau, ici c’est le contraire, c’est l’eau que l’on préfère couper. Il ne faudrait pas qu’elle fasse mal, à trop en boire !
coupét, coupéti
n.m. Nuque. - Tâche moyen de m'écouter, parce que sinon tu vas en prendre une sur le coupét, que tu vas comprendre ! Le t de coupét est sonore. (De l'occ. copet). ital. coppa.
couquelle
n.f. Ø1. Marmite de terre. (de l'occ. coquèla : casserole - mais en métal-, cocotte). Ø2. Poitrine. - Et comment ça se fait qu'il respire à mal aise, eh ? Il est malade de la couquelle ou quoi ? (de l'occ. coquèla : figuré : poitrine). Voir barbe, estomac, gargamelle, papatch, poumpil, poupous.
couqui de Diou, (de sort)
expr. - Mais ferme-la cette porte, une bonne fois, couqui de Diou (couqui de sort) ! (Expr. occ. littéralement : coquin de Dieu (de sort). cat. coquí : coquin. Voir coquin, Dieu, diou bibant.
courbagne
n.f. Marcotte, provin, sarment de vigne que l'on couche en terre pour en obtenir une nouvelle souche et que l'on sépare ensuite lorsqu'il ou elle est raciné(e). (De l'occ. corbanha ou corbada). Voir asaiguer, barquet, bécat, bigos, bourre, Bourrou, cabeçal, carredjadou, comporte, courréjade, fessou, gabel, majunquer.
courinaïre
n.m. Coureur (…de femmes mais pas forcément. Se dit de celui qui est toujours par monts et par vaux, en affaires, en balade ou en voyage). Voir courinère. (Mot occ. corrinaire).
courinère
n.f. Ø1. Envie de courir, de voyager, d'aller faire les magasins. expr. Avoir la courinère. Ø2. n.m.et f. Celui ou celle qui aime courir, voyager... ... (De l'occ. corrinaire). Voir galopère.
courniole
n.f. Gorge, œsophage. (De l'occ. corniòla).
courréjade
n.f. Sarment de vigne que l'on attache au fil après la taille. Voir pichobi. Voir aussi asaiguer, barquet, bécat, bigos, bourre, Bourrou, cabeçal, carredjadou, comporte, courbagne, fessou, gabel, majunquer. (De l'occ. correjada).
coursaïre
n.m. Adepte actif de la course landaise. (De l'occ. corsa : course).
coustelous
n.m. Morceaux de côtes de porc. - Ah ! Les coustelous à la braise ! Ça c’est quelque chose, eh ! (De l'occ. costelons [pron. coustélous]). Voir carbonade, croustelous, pelade.
cout
n.f. Pierre à aiguiser, queue à faux (que l'on mettait dans le coudier, étui à pierre, que le faucheur portait à la ceinture). (De l'occ. cot [pron cout]).
coutelle
n.f. Grand couteau de cuisine ou de boucherie. (De l'occ. cotèla [pron. coutèlo]).
couti !
interj. – La fermière appelle les poussins en criant couti, couti ! Voir péti.
coutibe
n.f. Champignon commun, oreillette ou pleurote du panicaut. (Aude : de l'occ. cotiva [pron. coutíbo]).
coutinou
n.m. Poussin. Pour appeler les poussins on dit péti péti !, piou piou ! ou coutinou, coutinou ! (De l'occ. cotin : poussin). "Coutinou, píou píou toutjour bíou (En occ. cotinon, pio pio totjorn viu : poussin, piou piou, toujours en vie), se dit à propos des personnes souffreteuses se plaignant constamment de leur santé, qui cependant vivent longtemps et enterrent les costauds.
couvé
expr. Œuf couvé : Œuf couvi, gâté pour avoir été couvé ou gardé trop longtemps - Au lycée les salles de chimie sentaient régulièrement le dioxyde de soufre. On disait que cela sentait les œufs couvés. (De l'occ. uòu coat, ou coadís [pron. ouòou couat', ou couadis]). cat. ou covat. Voir clouque, glousse.
cramer
v. Brûler. 1. - Tu crois pas que ça goût à cramé ? : ... un goût de brûlé. 2. - Si tu sais pas quoi faire de l’huile cramée, tu la portes au mécano. Lui, il s’en sert pour se chauffer. - ... l’huile de vidange. (De l’occ. cramat. - se dit en France hors Occitanie. Figure au larousse). cat. cremat esp. quemado : brûlé.
craspét, craspec
adj. Crasseux - Lave-toi un peu s'il te plait avant de prendre la voiture... pasque, craspét comme tu es, tu vas me salir tous les sièges. cat. cras esp. craso. Voir cagagnous, pourcas.
craoumel
n.m. Cage grillagée portative pour isoler ou protéger certaines volailles (De l'occ. craumèl ou cremèl ou même cremèla : cage à poules ou à poussins)
crébadis, crébadou
n.m. Éreintement - Décharger des camions toute la journée au marché-gare, c’est un véritable crébadis ! (De l'occ. crebadís : sujet à crever). Voir aganit, escaner, gagner, hart, hartère, mascagner.
crébère
n.f. Crève, surtout à la suite d’un coup de froid. - Je ne vais pas aller travailler demain ; je te tiens une de ces crébères, que je dois avoir au moins quarante huit de fièvre ! (De l'occ. crebar : crever). Voir agacis, foutu, lancer, mal (avoir du), patchaque, pét de travers, pierre (souffrir les), poutingue, requinquiller, tras.
crémail
expr. - Couper le crémail : faire quelque chose d'extraordinaire. - Il a eu le permis au premier coup ? Eh bé alors ? Y en a pour couper le crémail :… Il n'y a pas de quoi en faire un plat. (Du gasc. cremalh ou carmalh: crémaillère).
crème
n.f. Énergumène, zigomar. - Ces deux, ce sont des crèmes de première ! Jamais où il faut, jamais quand il faut, toujours en train d'en faire une ! (NB. : en argot fr. la crème est ce qu'il y a de meilleur, l'élite ; ici c'est le contraire).
crémère
n.f. Cage d'osier ou de grillage où l'on met la glousse. Les poussins étant libres d'aller et venir alors que celle-ci en est prisonnière. (De l'occ. cremera). Voir banaste, caoujole, carredjadou, garbuste, paillassou, panière.
crever la faim
loc. Crever de faim. - Il dépense tout son argent avec les femmes et après il crève la faim ! (Influence de l’occ. crèbafam [pron. crèbofam] et du fr. crève-la-faim).
crier
v. 1. Gronder. - Moi, je m’en vais puisque tu arrêtes pas de me crier ! (occ. cridar). Expr. pas pour crier. 2.- Paul ! Il y avait du roulage vers Montpellier ? – Oh non ! Pas pour crier... pas exagérément. ital : gridare, sgridare : gronder.
criquer
v. tr. Ecraser un insecte, puce notamment, entre ses ongles. (de l'occ. cricar : écraser).
crogne
n.f. Égratignure ; bosse, bleu - Arrête de faire la capuchette, tu vas te faire une crogne. (Du gasc. cronha : meurtrissure). Voir bougne, pélat, pét.
croire
v. Ø1. Souvent prononcé croivent au lieu de croient à la 3° personne du pluriel. - Je leur ai dit que demain on travaillait pas, eh bé il me croivent pas ! Ø2. Être prétentieux. - Regarde-le, lui. Il se croit, là..., il fait son malin ! Aussi : il s’en croit. esp. ser un creído : être un prétentieux. 3. expr. T’as qu’à croire ! : ... compte là dessus ! - C’est pas grave, le prof il ne nous dira rien si on ne lui rend pas le devoir aujourd’hui ! - Ouais ! T’as qu’à croire ! 4. - Eh bé tu peux croire ! Expression marquant l'étonnement, la déception ou la colère. Voir rappelle-toi ! (De l'occ. podes créser !).
croix
expr. Une croix devant un mort : - Je m’en vais mettre une ficelle sur le passage, comme ça les gens ne passeront pas ! - Ouais alors là, ça, ça va faire comme une croix devant un mort ! : ... être totalement inefficace. (De l'occ. I fa coma una crotz davant un mòrt).
croque-sel (à)
expr. A croque-sel : à la croque-au-sel - Aujourd'hui on va manger des tomates à croque-sel, comme ça on n'aura pas besoin de cuisiner, tê !
crousel
n.m. Tas de gerbes. (occ. crosèl). Voir gerbière, plounjou.
croustade
n.f. Tourte. (Tourte de pigeonneaux, de poulets, de foies de canard, de fruits de mer). Espèce de pâtisserie à base de pâte brisée ou feuilletée, que l'on remplit de pommes, il s'agit alors de la croustade aux pommes. (De l'occ. crostada).Ital. crostata.
croustade
n.f. Tarte - La croustade est une tarte généralement aux pommes. (De l'occ. crostada [pron. croustàdo] : tourte). Voir andesse, échaudé, pompe, pastis, oreillettes, farinettes
croustelous
n.m. Côtelettes de porc. (De l'occ. amalgame de crostilhons et costelons). Voir coustelous et croustillous.
croustét
n.m. 1. Quignon, croûton - Quand on était gosse, nous autres à goûter, on mangeait juste un peu d’ail frotté sur un croustrét. Et rien plus ! C’était la guerre, pauvre ! Ø2. Casse-croûte. - Si tu viens à la palombière avé nous, amène-toi le croustét, eh ! (De l'occ. crostét [pron. croustét]). cat. crostó ; ital. crostone. Ø3. Croûte d'une plaie. - T'as vu le croustét que j'ai par la jambe ? - Eh bé, ne te le fais pas sauter qu'après t'auras une marque ! (De l'occ. crostièr). cat. crostís.
croustillous
n.m. Côtelettes de porc. (De l'occ. crostilhons). Voir croustelous et coustelous.
cruchade
n.f. Galette de maïs que l'on fait cuire sur les braises ou, mieux, dans de la graisse de cochon. Aussi : espèce de polenta de maïs au beurre, qui se mange en général avec une viande en sauce, du confit ou un salmis de palombe. (Du gasc. cruishada). Voir armottes, millas, pastét.
crusague
n.f. Russule, "Champignon à lames, à chapeau jaune, vert, rouge ou brun violacé. On trouve les russules en été et en automne dans les bois ; certaines sont comestibles [russule charbonnière], d'autres toxiques" nous dit le larousse. (Du gasc. crusaga). Voir moussalou.
crusques
n.f.pl. Ce qui a été rongé, ce qui reste d’un repas. - Tu arrives un peu tard pour casser la croûte ! On t’a laissé que les crusques ! (De l'occ. cruscar : croquer). esp. cuscurro : croûton de pain.
cuente
n.m. Problème. Un millecuentes est une personne qui accumule les problèmes. (origine incertaine).
cufe
adj. Se dit des légumes : creux. - Ces radis, ils sont tous cufes ! (De l'occ. cuf). Voir cufi, cuflé.
cufelle
n.f. 1. Peau de châtaigne. (De l'occ. culefa ou cufela, gousse ; chose sans valeur). Ø2. Cuite. - Ramasser ou se tenir une cufelle : être ivre. Voir bandé, béouét, coufle, empaffer, empéguer, fatigué, hart, hartère, joli (se mettre), pété, pinté, sadoul, tenir (en ~ une). Ø3. Avare. - Tu sais que celui-ci c'est une cufelle, eh ! Il a des oursins pleins les poches !
cufi
adj. ou p.p. Fatigué, fourbu, épuisé. - Eh bé, je suis content d'avoir fini le déménagement, mais je suis cufi ! (De l'occ. cuf : creux, vide).
cuflé
adj. Fauché, ruiné. GERS. (De l’occ. cuf, creux, vide).
cufler
v. Battre à plate coûture, plumer. Après une piquette à un jeu on peut entendre : - On les a cuflés ! (De l'occ. cufar : mettre quelqu'un à sec). Voir Fanny.
cuge
Voir couge, cugie.
cugie
n.f. Fille ou femme stupide. (De l'occ. coja [pron. coújo] : citrouille). Voir clouque, cuge, couge, couille, coucourde.
cugner
v. Coincer, se serrer dans un coin. - Et pourquoi tu restes cugné sur la chaise, tu fais le mourre ou quoi ? (De l'occ. cunhar).
çui-là
Voir celui-là.
cuiller, queuiller
n.m. Prononcé [queuillé] comme dans le verbe cueillir. Féminin en fr. mais au masculin en occ. - J’ai la serviette, le couteau, la fourchette, mais pas le queuiller ! Il me manque toujours quelque chose ! (De l'occ. lo culhièr).
cuillère, queuillère
n.f. [pron. queuillère]. - C’est comme ça qu’on met la table ? Il manque la moitié des queuillères. Va les chercher, vite ! (Influence du verbe cueillir).
cuillerée
Prononcé [cu-yeuré]. - Tu en reveux de la soupe, Marcel ? - Oh, une cuyeurée, si tu veux... De l'occ. culhierada pron [cuyeràdo]). Voir cuiller, cuillère, cuillette.
cuillette
n.f. Petite cuillère, cuillère à café.
cuissotte
n.f. Grosse cuisse de bébé ou d'enfant. (De l'occ. cueissòta). Voir cuissou.
cuissou
n.m. Ø1. Petite cuisse potelée de bébé ou d'enfant. Ø2. Bébé potelé que l'on va prendre dans ses bras. (De l'occ. cueisson). Voir cuissotte, langou, momo, nono, pépês, pissou, pòt, poutou, quiquette.
cuit
expr. Être mal cuit : n'être pas dans son assiette. - Ouh là là ! Le pitchou il est mal cuit ce matin !
cul
loc. Être de cul, tomber de cul : … sur le cul - Quand il va entendre ça, il va en tomber de cul ! (occ. de cuol). esp. caer de culo. Proverbe local : Qui veut vivre longtemps, à son cul donne du vent ! (occ. Qual vol viure longament, a son cuol dona de vent !).
culard
adj. Chanceux. (Du fr. avoir du cul : de la chance).
cule
n.f. Tronc d'arbre, souche. - J'ai trouvé quelques champignons, tê, autour d'une cule vieille là-bas… (De l'occ. cula [pron. cùlo]). Voir souc.
culèfe
Voir cufèle.
culéjer
v.intr. Remuer le postérieur sur un siège, ne pas rester en place. - Mange et tiens-toi bien au lieu de culéjer sans arrêt ! (De l'occ. culejar : remuer la croupe ; ruer ; rouler le derrière en marchant, se trémousser). cat. culejar.
culottes
n.f. Culotte. Les culottes vont la plupart du temps par paires. Au pluriel dans le Midi, au singulier en fr.. - Je te mets une paire de culottes de plus dans la valise, et tu te les changeras tous les jours, eh ! / - Quand il commence à raconter ses histoires, il y a de quoi se pisser aux culottes, tu sais ! (…de rire , bien sûr). (Ce pluriel vient de l'occ. cauças ou bragas, eux aussi au pluriel, alors que ces mots désignent un objet singulier... mais destiné à couvrir deux fesses ou deux jambes). ital. mutande, braghe, les deux au pluriel. esp. bragas, braguitas, calzoncillos, les trois au pluriel. cat. bragues, au pluriel également. Voir braguer, pantalons.
cundale
Voir candale.
cunèfle
n.m. et f. Crétin, idiot, imbécile. - Ça ne m'étonne pas de lui, ce cunèfle... il sait même pas ce qu'il raconte ! (Mot fabriqué avec cun- qui rappelle cul et con auquel on a rajouté un suffixe sonore et occitan -èfle). Voir counifle…
cuque
n.f. Ø1. Insecte. Laid comme une cuque. : vraiment très laid. - Faire la cuque : faire la tête. Ø2. Flemme. - Quelle cuque que je me tiens aujourd'hui ! Ø3. Vieille voiture. - J’ai toujours ma vieille cuque. Tant qu’elle marche, je la garde ! (NB. : une cuque est toujours vieille). (De l'occ. cuca : lente, chenille, petit insecte). cat. cuca : bestiole, esp. cuca : chenille, cucaracha : cafard. Voir mourre.
cuquét
n.m. 1. Larve de phrygane (perce-bois). Excellent pour la pêche à la truite. Ø2. adj. laid, mal fichu, petite cuque. Voir cuque.
cure-oreille
n.m. Forficule, perce-oreille - Bou du, c'est dégoûtant ! J’ai trouvé plein de cure-oreilles dans le raisin ! (De l'occ. curaurelha [pron. curaourèillo]). cat. papaorelles.
curer
expr. Curer le rec. Se dit d'une voiture qui est allé au fossé. - Tê y en a un qui a curé le rec, y devait te tenir une mounine, çui-là ! (De l'occ. rec : ruisseau, rigole, ruisseau de rue, fossé entre les champs, sillon pour évacuer les eaux). cat. rec. esp. regar, ital. irrigare : arroser. Voir bartassière.
cure-toupi, cure-toupine
n.m. Parisien ou tout autre citadin originaire de la campagne, revenant au pays. (m. à m.: qui cure le toupi, soit la marmite. Se dit de celui qui ne veut rien laisser perdre des bonnes choses de son pays et qu'il ne retrouve plus à la ville). Voir doryphore et toupi.
curoníou
n.m. Le dernier de la couvée, le cadet, le dernier d'une famille nombreuse. - Tu es fils unique toi, non ? - Mais qu'est ce que tu racontes ? Je suis le dernier d'une famille de neuf ! - Ah ! mais tu es le curoníou alors ? (De l'occ. cura nid : celui qui "cure le nid", qui "s'emporte" tout ce qui reste). Voir catchaniou, caganis.
curpiton
n.m. Croupion de volaille. Voir currou, troufignous.
currou
n.m. Croupion d’une volaille, sot-l'y-laisse - J'ai de la chance il n'ya que moi qui aime le currou ici ! (De l'occ. curron [pron. currou]). Voir curpiton, troufignous.
cusque
Voir crusque.
cussarrat
n.m. Faire un cussarat. (m. à m. faire un cul serré) ; fermer le trou d'un sac en serrant le tissu ou la toile avec une ficelle et obtenir quelque chose qui a l'air d'un "cul serré" (De l'occ. cuol sarrat).
cussonné
adj. Mangé par les vers du bois. - Le buffet que tu as acheté aux puces, c’est pas une affaire... Il est bien joli, mais il est tout cussonné ! (De l'occ. cussonat ; cusson [pron. cussou] : insecte xylophage, cusson, vrillette, charançon)
cussou
adj. 1. Insecte xylophage, cusson, vrillette, charançon 2. Avare, radin - Ce n’est pas la peine que je lui demande de me prêter 1 euro à lui... Il est tellement cussou qu'il me dira qu'il a laissé le porte-monnaie à la maison ! Ø3. Expr. Avoir le cussou : Être très fatigué (comme rongé de l'intérieur par un insecte). (De l'occ. cusson [pron. cussou]). fr. : cossus, esp. coso. Voir acheter, argent, arracou, plaindre, rapias, sou, tant vendanger.
cutou
n.m. Petite sieste. Je m'en vais faire un cutou, tê, avant d'aller me promener... Voir siestou.
cuvier
n.m. Bassin, généralement en ciment, qui servait autrefois à faire la lessive. Peu commode car particulièrement lourd, on l'installait une fois pour toutes près d'un robinet ou une descente d'eau. Voir bugade, lessif, ruscade.
E
eau
ï1. expr. - Ce grand feignant, il se gagne mĂȘme pas l'eau qu'il boit ! De l'OCC. Se ganha pas l'aiga que beu. ⊠il est donc vraiment trĂšs fainĂ©ant ! ï2. Eau douce : eau potable. (De l'OCC. aiga doça).
Ă©chabousit
adj. Abasourdi ; assommé ; étonné ; étourdi ; niais ; mal réveillé. Voir estabousit.
Ă©chapper
v. Laisser tomber, lĂącher. - Au supermarchĂ© figure-toi que j'ai Ă©chappĂ© deux bouteilles d'huile, qu'elles ont explosĂ© et que j'en ai mis partout ! J'Ă©tais gĂ©nĂ©Ă©Ă©e ! / Au rugby, vu la forme de la balle, il est facile de l'Ă©chapper ! Il faut donc faire bougrement attention d'Ă©viter le faire ! (Ce mot fait partie du vocabulaire que les MĂ©ridionaux qui l'emploient sont per-suadĂ©s d'utiliser Ă bon escient lorsqu'ils parlent français. En FR. d'oĂŻl on s'Ă©chappe, on laisse Ă©chapper une bouteille ou une balle ; une bouteille ou une balle peuvent nous Ă©chapper des mains, mais on n'Ă©chappe rien⊠Ăa ne vous aura pas Ă©chappĂ©. Cette construction parti-culiĂšre au Midi vient de L'OCC. escapar qui est Ă la fois transitif et intransitif).
échaudé
n.m. Petit pain Ă lâanis. - Si tu vas Ă Rignac, ramĂšne-moi quelque Ă©chaudĂ©. Il s'agit d'une pĂąte d'anis, pliĂ©e en triangle et jetĂ©e dans de l'eau chaude (De l'OCC. escaudat [pron. es-caoudĂ t]). A l'origine mĂ©lange de son et dâeau chaude donnant une pĂąte pour alimenter les volailles, puis grillĂ©e. A Carmaux (Tarn) la biscuiterie qui les confectionne en dĂ©tient le brevet de fabrication depuis plus de cent ans. Il existe trois tailles d'Ă©chaudĂ© : l'Ă©chaudĂ© gros, le charlot (de taille moyenne), dur Ă l'extĂ©rieur et tendre Ă l'intĂ©rieur, mais dur tout court dĂšs le lendemain⊠et le jeannot, petit triangle croustillant. Une variante de dĂ©gus-tation de l'Ă©chaudĂ© consiste Ă le laisser tremper et gonfler dans du vin, rouge ou blanc, toute une nuit. On peut ou non le sucrer suivant ses prĂ©fĂ©rences. On dit que les mineurs carmausins utilisaient ce procĂ©dĂ© afin d'emporter plus de vin au fond de la mine.
Ă©chelles
n.f.pl. Escaliers, coups de ciseaux maladroits laissant apparaßtre une "échelle" dans la coupe des cheveux. - Qui c'est qui t'a coupé les cheveux ?... Que tu as plein d'échelles dans le cou !
Ă©chorder
v. Assourdir. - Un pet de fusil à cÎté des oreilles, con, ça m'a échordé ! (Du GASC. eshordar).
Ă©chourouiller (s')
v. S'Ă©crouler, s'effondrer.
Ă©coles
n.f. Ăcole supĂ©rieure, universitĂ©. - Oh ! Tu sais que çui-lĂ il en sait des choses. - Mais c'est que, couillon, il a Ă©tĂ© aux Ă©coles ! - Aaaah bon, c'est ça !
Ă©couter
v. Obéir. - Si tu vas chez Papy, tu l'écouteras, eh, sinon il te voudra plus chez lui ! Tu as compris ? (De l'OCC. escotar [pron. escoutà ] : écouter, obéir).
Ă©fan Voir fan
Ă©gal (c'est)
expr. Tout de mĂȘme. -Eh bĂ©, c'est Ă©gal, eh, je pensais pas qu'il allait mourir si vite ! Aussi : Ăa fait rien ! : mĂȘme sens.
eh ?
interj. Hein ? , pardon ?- Tu entends ce que je te dis ? - Eeeeh ? - Je te demande si tu entends ce que je dis ? - Eh bĂ©, ne crie pas si fort, je suis pas sourd, quand mĂȘme, macaniche !
eh bé !
interj. Eh bien !... - Eh bĂ© ! tu viens ou tu viens pas ? /- Eh bĂ© tĂȘ, maintenant on est dans de beaux draps ! / - Eh bĂ©, c'est bien ! : Seul un mĂ©ridional peut s'exclamer ainsi, car en fran-çais d'OĂŻl cela donnerait "Eh bien, c'est bien !" / - On va se faire un pastaga, tĂȘ ! - Eh bĂ© ! (⊠allez, pourquoi pas !) Aussi, en rencontrant quelqu'un et en guise de salut : - Eh bĂ© ? (Alors ? Qu'est-ce que tu deviens ?) (De l'OCC. e ben). Certaines phrases hĂ©sitantes peuvent ĂȘtre exagĂ©rĂ©ment chargĂ©es de eh bĂ©.
eh oh !
interj. ï1. Oui ! ï2. Eh bien dis-donc !, - Je viens de faire 30 km en 10 minutes ! - Eh oh ! Tu bombes, toi ! (exprime lâĂ©tonnement ou lâadmiration). (De l'OCC. ĂČc : oui).
Ă©labĂ ci
Voir délabaci, délaouatz
Ă©lastic
n.m. élastique. Curieusement, alors que les muettes finales sont clairement prononcées dans le Sud-Ouest, on prononce élastic et non élastique. Voir moustic, plastic.
embarras
expr. Se sortir des embarras - Mais sors-toi des embarras, nom de nom si tu ne fais rien ! Tu ne vois pas que tu gĂȘnes ! DĂ©barrasse le plancher ! Voir plier (se), pouchĂou.
embartasser (s')
v. Se mettre dans le fossé (dans la haie) avec une voiture. - Cette voiture, méfie-t-en, elle est bartassiÚre comme tout. Avec, tu t'embartasses comme qui rigole ! (De l'OCC. bartàs : haie de ronces). Voir bartassiÚre.
embĂątardir
v. AbĂątardir. - Ces bĂȘtes elles s'embĂątardissent Ă force de s'accoupler entre elles. Il faut que j'en achĂšte de nouvelles. - Et ton chien c'est pas un vrai, il est embĂątardi aussi ! (De l'OCC. embastardir).
embaucher
v. - Commencer la journée de travail. A quelle heure tu embauches toi, demain ? Opposé à débaucher : NB. : en FR. embaucher quelqu'un signifie l'engager. Voir débaucher.
emborgner
v. Eborgner. - Fais attention avec ce bĂąton, tu risques dâemborgner quelquâun ! (OCC. embor-niar). CAT. emborniar.
emboucaner
v. ï1. Fumer : Emboucaner une viande. ï2. Une pipe emboucanĂ©e : une pipe culottĂ©e. ï3. LittĂ©ralement puer le bouc. - Ouvre un peu les fenĂȘtres que ça emboucane ici ! (De l'OCC. embocanar [pron. imboucanĂ ] de boc : bouc). Voir arraquer, enfalĂ©ner.
embouféné
part. pass. & adj. Bouffi ; enflĂ© - Hier on a eu le banquet de la pĂ©tanque. Eh bĂ© aujourd'hui j'ai la tĂȘte emboufĂ©nĂ©e ! âŠ. la tĂȘte lourde. (De l'OCC. embofir : bouffir).
embreĂŻcher
v.tr. Ensorceler (Du CAT. embruixar) ESP. embrujar. Voir camecruse.
embudéler
v. Mettre la viande dans les boyaux (saucisse, saucisson). - Quand on embudÚle la saucisse, il faut faire attention de pas trouer les boyaux, sinon ça dégueule. (De l'OCC. budel : boyau, intestin, tripe). ITAL. budello, CAT. budell. : boyau.
embuféquer
v. FĂącher, se mettre en colĂšre. (De l'OCC. embufecar).
embuquer
v. Donner Ă manger avec un entonnoir, gaver (embuc). - Tu peux pas manger tout seul, Ă ton Ăąge ! Tu veux pas que je tâembuque, non plus ! (De l'OCC. embucar [pron.imbucĂ ] : gaver). CAT. embussar, ESP. embocar, embuchar, ITAL. imboccare. Entonnoir : CAT. embut, ESP. embudo.
embusquer
v. ï1. Voler, arnaquer. â Combien tu m'as dit ? 1 ou 2 euros le cafĂ© ? â Ah ! Toi ! Commence pas Ă m'embusquer de bon matin, eh ! Voir estamper. ï2. EntraĂźner. - Câest elle qui mâa embusquĂ© dans cette combine ! ï3. Emporter, embarquer. Je ne retrouve plus mon C.D. Câest encore toi qui me lâa embusquĂ© ! - ARGOT MER. (De l'OCC. emboscar [pron. imbouscĂ ] : cacher dans un bois). ITAL. imboscare, CAT. & ESP. emboscar : embusquer au sens militaire.
emcambouner
v. Entraver. - Si tu montes au grenier, fais attention de ne pas t'encambouner, parce que avec toutes les vieilleries qu'il ya partout, ça pourrait bien t'arriver. (De l'OCC. encambonar, placer un anneau au genou d'un animal pour l'empĂȘcher de courir, lui-mĂȘme de camba : jambe).
emmascarer
v. Barbouiller, salir. - Alors déjà qu'on est en retard, lui il trouve rien de mieux que d'arriver emmascaré de chocolat pour nous faire gagner du temps ! Tu sais que eeeeeh ! (De l'OCC. mascar : masquer). ESP. enmascarar, ITAL. mascherare : masquer.
emmasquer
v. Ensorceler. - Mais putain ! Je suis emmasqué aujourd'hui ou quoi ? Il m'arrive que des tuiles ? (De l'OCC. emmascar). Voir masque.
Ă©moun
n.m. Tas, grande quantitĂ©. - Je viens de ramasser le linge, j'ai un Ă©moun de serviettes Ă ran-ger, tĂȘ ! (De l'OCC. mont : tas, mont, montagne). ESP. montĂłn, ITAL. montone. Voir pilĂČt.
empaffer
v. Saouler, empiffrer. - Je crois que j'en ai trop bu de ton cahors ! Je suis un peu empaffé ! (De l'OCC. empafar [pron. impafà ], empiffrer). Voir bandé, béouét, coufle, cufelle, empéguer, fatigué, joli, pété, pinté, tenir (en tenir ~).
empatafé
part. pass. CrĂ©tin, couillon, bĂȘta. (Probablement de l'OCC. patufĂšl, mĂȘme sens).
empatufaĂŻre
n.m. Celui qui porte la poisse. - Je suis embĂȘtĂ©e de partir avec cet empatufaĂŻre, parce que tu vas voir qu'il va encore nous arriver quelque chose avec la chance qu'on a nous autres ! (Ori-gine incertaine).
empatufer
v. Porter la poisse. (Origine incertaine).
empĂšgue
n.f. Bleu, horion, ecchymose. - A force de me faire empĂ©guer je suis couvert d'empĂšgues ! (De l'OCC. empegar [pron. impegĂ ] : poisser, empĂȘtrer...). Voir empĂ©guer, dĂ©sempĂ©guer.
empéguer
v. ï1. Coller, poisser ï2. Cogner - Ouille ! Je viens de m' empĂ©guer une chaise ! Je me suis tordu le pied ! ï3. Ătre ivre - Le Julien il t'a pris une murge, con, il est Ă peine un peu empĂ©-guĂ© : ce qui signifie qu'il en a pris un coup ! (De l'OCC. empegar [pron. impegĂ ] : poisser, empĂȘtrer...). CAT. & ESP. empegar : poisser. Voir bandĂ©, bĂ©ouĂ©t, coufle, cufelle, empaffĂ©, fati-guĂ©, joli, pĂ©tĂ©, pintĂ©, tenir.
empétégué
p.p. et adj. ï1. EmpĂȘtrĂ©. - Je me suis empĂ©tĂ©guĂ© cette ficelle lĂ , j'arrive pas Ă la dĂ©faire. ï2. - EnrhumĂ©, pris. - Mais, tu tousses ! - Tais-toi ! Je suis complĂštement empĂ©tĂ©guĂ©. ï3. EmpĂ©trĂ© dans les ennuis. - Mon pauvre mari, il est empĂ©tĂ©guĂ© dans ses affaires avec son hĂ©ritage, il ne dort plus, pauvre ! (De l'OCC. empedegar ou empetegar [pron. impedegĂ ] : empĂȘcher, embarrasser). Voir assadouler, cagagne, ergne, gnĂco-gnĂĄco, hartĂšre, mouscaille, mafre, peine (porter).
emplĂątre
n.m. - ï1. Gifle - Je te lui ai foutu un emplĂątre, crois-moi, il a compris quâil fallait me parler sur un autre ton ! (De l'OCC. emplastre : soufflet). Voir birotĂ©laĂŻ, bouffe, bourmal, mournifle, rĂ©birebaĂŻtĂ©n, rebiromarioun, rouste. ï2. EmpotĂ© - Remue-toi un peu ! EspĂšce dâemplĂątre ! ARGOT MER.
en
prĂ©p. ï1. Dans l'expr. - Je n'en peux rien : Je n'y peux rien (Claque OCC. de N'en podi pas rĂšs). ï2. En, devant les noms de fermes ex.: En PeyrĂ©t : FrĂ©dĂ©ric Mistral dit qu'il faut voir lĂ l'aphĂ©rĂšse du titre honorifique Monsen que l'on employait autrefois devant le nom propre (par ex. Monsen PeyrĂ©t â en FR. Monseigneur Pierre Petit â serait devenu En PeyrĂ©t). Il indique la dĂ©gradation linguistique suivante : monsegne, monsen, monsen, sen, en. (d'aprĂšs Simin Palay).
encoquer
v. Cogner (se dit surtout pour un vĂ©hicule). - Je me suis fait encoquer la voiture dans le par-king du supermarchĂ©. Le mec, il m'a pas laissĂ© son adresse ! (De l'OCC. en + cĂČca + ar : cogner sur la coquille). voir bougner, pigner.
encore
adv. - Et encore tu es lĂ , toi ? Adverbe en tĂȘte : Et tu es encore lĂ , toi. ESP., cons-truction identique, adv. en tĂȘte : ÂżTodavĂa estĂĄs aquĂ, tĂș?
encrumer (s')
v. S'embrumer, s'obscurcir, se couvrir (en parlant du ciel). - Oyoyoy ! Ăa s'encrume. Il va pleuvoir avant ce soir ! (De l'OCC. encrumir). Voir encucagnĂ©, encucaragnĂ©.
encucagné
adj. Couvert, bouché, trÚs nuageux. - On va pas partir en montagne cet aprÚs-midi ! C'est encucaragné vilain là -bas ; ça va péter avant ce soir ! - Quel temps il fait chez vous ? - Oh ! C'est encucaragné aussi ! (De L'OCC. cuc : obscur, sombre, suivi d'un suffixe OCC. sonore). Voir s'encrumer.
encucaragné
Voir encucagné.
enfaléner
v. Puer. - Bou du con que ça enfalĂšne ici ! Ăa sent le rat enfermĂ© ! (de l'OCC. enfalenar). Voir arraquer, emboucaner.
enfanguer
v. - Embourber. MĂ©fie-toi de ne pas tâenfanguer en passant par lĂ avec la voiture ! (De l'OCC. enfangar). ITAL. infangarsi, ESP. enfangarse, CAT. enfangar-se. Voir fangassiĂšre.
enfermé
part. pass. RenfermĂ©. - Ouvre les fenĂȘtres que ça sent lâenfermĂ© ici ! (De l'OCC. embarrat : odeur de renfermĂ©). NB. CAT. embarrat : enfermĂ©, barricadĂ©. Voir fermĂ©.
enfin !
adv. (OCC. enfin). ï1. Exprime la fatalitĂ© : Câest comme ça, on nây peut rien. Enfin !.... Il vaut mieux que je me taise... [En baissant le ton sur l'avant-derniĂšre syllabe], exprime la rĂ©signa-tion. ï2. [Appuyant sur la derniĂšre syllabe] exprime le dĂ©saccord, l'Ă©tonnement : - Tu ne manges pas beaucoup, toi ! - Et enfin !... tu trouves ?
enfle
adj. Enflé. - Il a trébuché en montant les escaliers ; aprÚs trois jours, il a encore le pied tout enfle. (De l'OCC. enfle). ITAL. gonfio, CAT. inflat, ESP. inflado.
enfler
v. Tromper. - Jâai voulu payer de suite, eh bĂ©... je me suis fait enfler, tĂȘ ! (De l'OCC. enflar : enfler ; battre, rosser, souffleter). NB. CAT. inflar el cap : rompre la tĂȘte.
engaillouster (s')
v. ï1. S'Ă©touffer, s'engouer (De l'OCC. s'engalhostar). NB. CAT. engargussar-se : se mettre en travers du gosier. ï2. expr. Coq engailloustĂ© : Garçon qui fait le fier avec les filles. Voir escaner, estoufĂ©guer.
enganer
v. ï1. Tromper, duper. - Se faire enganer. ESP. engañar, CAT. enganyar, ITAL. ingannare. Voir couillonner, enfler. ï2. Coincer. - Je peux pas sortir la voiture du parking ; elle est complĂšte-ment enganĂ©e, y en a un qui mâa collĂ© devant et un autre derriĂšre ! (de l'OCC. engana : gĂȘne).
englander
v. ï1. Ecraser, cabosser, bosseler. - Fais gaffe en descendant le talus de pas aller t'englan-der en bas sur les rochers !). ï2. Assommer. (De l'OCC. englandar).
engorger, gorger
v. Gaver oies ou canards. Voir embuquer.
engraniĂšre
n.f. Balai. (De l'OCC. engraniera, lui-mĂȘme de engranar : balayer le grain). CAT. agraner, granera : balai, agranar : balayer.
engraniérou
n.m. Petit balai. Voir baléjon, engraniÚre.
enquiller
v. ï1. Introduire. - Regarde si tu peux enquiller ce manche dans cette pelle ! ï2. Cogner. - Tu vas mâaider Ă sortir cette table, mais fais attention de ne pas t'enquiller la porte en sortant ! Voir empĂ©guer. ï3. RĂ©ussir un drop ou une transformation au rugby : - Il a rĂ©ussi Ă l'enquiller entre les deux pagelles, pourtant y avait le vent d'autan et en plus il Ă©tait de biais ! ï4. - J'ai gagnĂ© deux oies grasses au loto et maintenant, il va falloir que je me les enquille ! : ...que je me dĂ©brouille pour les prĂ©parer. ARGOT MER. (En OCC. enquilhar [pron. inquilliĂ ] : empiler, introduire).
ensaché, ensaqué
part. pass. Mal habillĂ©. - Ce type-lĂ ce nâest pas lâĂ©lĂ©gance personnifiĂ©e ! ... Il est toujours mal ensaquĂ© ! (De l'OCC. ensacar [pron. insacĂ ] : ensacher). CAT. ensacar et ITAL. insaccare : ensa-cher. Voir afarguĂ©, arranger, braguer, dĂ©braguer, dĂ©gaillĂ©, dĂ©gargaillĂ©, dĂ©jarguer, despapat-chĂ©, despipadĂ©, farguĂ©, jarguĂ©, marquer, sac.
enseigner
v. Indiquer. - Vous qui connaissez tout le monde, vous ne mâenseigneriez pas un bon plombier, des fois ? (De l'OCC. ensenhar [pron. insĂ©gnĂ ]). ESP. enseñar, CAT. ensenyar : indiquer, montrer.
ensuquer
v. Assommer - Cette nuit, je me suis couchĂ© tard et je suis un peu ensuquĂ©. - Ce vin blanc, je crois quâil mâa un peu ensuquĂ©. (De l'OCC. assucar, de suc : sommet de la tĂȘte et sucar : as-sommer) NB. en ITAL. zucca : caboche, zuccone : grosse tĂȘte, entĂȘtĂ©. Voir apapĂ©sĂt.
entoupiner
v. Mettre en pot ou dans tout autre récipient. - Il convient d'entoupiner la saucisse dans de la graisse pour la conserver. (De l'OCC. entopinar). Voir toupi.
entre autre
loc. - Depuis l'accident il faut j'aille chez le kiné. Mais pas tous les jours, un jour entre autre rien que , eh ! : ...un jour sur deux.
entrecuisse
n.f. Haut de la cuisse du poulet. - Tu prĂ©fĂšres la cuisse ou lâentrecuisse ? (OCC. entrecuĂšissa [pron. intrĂ©cuĂšisso]).
entuter (s')
v. S'enfermer de maniÚre excessive. - Je ne le vois plus ! Il est toute la journée entuté dans sa baraque, là -haut à MontloubÚre ! (De l'OCC. tut, tuta : taniÚre, repaire, caverne, la tute du grillon). Voir tuter.
envers
adv. Par rapport à , en comparaison de. Mais tu ne manges rien toi, dis donc ! Eh bé, envers ce que ton pÚre avale! : ... par rapport à ce que... (De l'OCC. envÚrs : en comparaison de).
Ă©pincettes
n.f. Pincettes. - Tiens, tant que tu as le bras tendu, ramasse ce morceau de bûche avec les épincettes !
Ă©pines
n.f. Broussailles, ronces des haies. - Faire brĂ»ler des Ă©pines : faire brĂ»ler le produit du net-toyage des haies Ă la campagne. (De l'OCC. espĂn, espina : buisson Ă©pineux ; aubĂ©pine). Voir bartas, boudias.
ergne
n.f. Humeur chagrine, inquiétude, souci, ennui. - Pourquoi tu sousques comme ça ?- Je sais pas, j'ai l'ergne. (De l'OCC. Úrnha).
ergnous
adj. Ătre ergnous : ĂȘtre soucieux. (De l'OCC. ernhĂłs).
esbérit
adj. ĂveillĂ©, alerte, sĂ©millant, espiĂšgle. - Rappelle-toi que ce pitchou il est esbĂ©rit quelque chose, eh ! : Il est trĂšs Ă©veillĂ© et quelque peu dĂ©lurĂ©. (De l'OCC. esberit). Voir abĂ©luguĂ©.
escachalat, escachilé
part. pass. ĂdentĂ© ; entamĂ© (en parlant d'un fromage). (De l'OCC. escaçolat : entamĂ© par les rats ; Ă©brĂ©chĂ© par accident). ESP. escacharrar : bousiller.
escagasser
v. AbĂźmer, esquinter.- Pour une fois que je lui prĂȘte le cyclo, il est allĂ© faire du moto-cross avec et il me lâa tout escagassĂ©, ce counas ! (OCC. escagassar : fienter avec effort ; affaisser ; Ă©craser ; aplatir, lui-mĂȘme de cagar : chier). NB.: CAT. escagassar-se : avoir la chiasse, s'affaisser. Voir catuillier, couper, escaraougner, pĂ©ter, pigner, trucher.
escaliers
n.m.plur. Escalier. - Il sâest cassĂ© la figure par les escaliers, il est tout mĂąchĂ© ! (Pourtant en OCC. escaliĂšr est au sing.). A noter cependant quâen Belgique aussi on dit "les escaliers".
escalourat, escalouré
adj. Réchauffé, -e. -Tu es bien escalourat toi ce matin. En chemise, avé le froid qu'il fait ! (De l'OCC. escalorar : réchauffer) CAT. acalorat. ESP. acalorado,
escampadou
n.m. Epanchoir de canal ou de moulin. (De l'OCC. escampador). Voir pachĂšre, tournal.
escamper
v. ï1. Jeter - Cette cafetiĂšre toute dĂ©glinguĂ©e, jâen ai marre de la voir, je mâen vais lâescamper au tertre ! (De l'OCC. escampar : rĂ©pandre, verser, jeter, perdre, gĂąter). CAT. escampar : rĂ©pandre, Ă©parpiller. ï2. Partir, filer. - Bon ! Moi j'en ai marre, je m'escampe ! ï3. tomber, s'Ă©taler. ITAL. scampare : se sauver. NB. ESP. escampar existe mais signifie cesser de pleuvoir.
escampiller
v. Répandre, éparpiller, semer. - Attention, ton sac est troué ! Regarde que tu escampilles du blé partout ! (OCC. escampilhar). CAT. escampar : répandre, éparpiller. Voir espandir, verser.
escaner (s')
v. ï1. SâĂ©trangler.- Le petitou, il a avalĂ© une arĂȘte ! Il a failli sâescaner, pecaĂŻre ! (OCC. se escanar). CAT. escanyar-se. ITAL. scannare : Ă©gorger. Voir estransiner. ï2. Se tuer Ă la tĂąche - Je suis fatiguĂ© moi de m'escaner au boulot pendant que toi tu n'en fiches pas une rame ! Voir aganit, crĂ©badis, gagner, hart, hartĂšre, mascagner.
escapiter
v.t. Ăcimer, Ă©tĂȘter un arbre ou une plante (maĂŻsâŠ). - Cette sapinette, tu devrais l'escapiter un peu, sinon elle va ĂȘtre plus haute que la maison, bientĂŽt. (De l'OCC. escapitar, lui-mĂȘme de cap : tĂȘte). Voir carouille, coque, coucarel, despĂ©louquer, escarouiller, millas, panouille, pĂ©loc, tanoc.
escaragnade, escaraougnade
n.f. RĂ©plique trĂšs vive lors d'un Ă©change de propos. (De l'OCC. escarraunhada [pron. esca-raougnĂĄdo]: Ă©corchure, Ă©gratignure).
escaramiqué
adj. Qui a les jambes écartées ; qui est à califourchon. - Qu'est-ce que tu fais par terre esca-ramiqué comme ça ? Tu es tombé ou tu fais le grand écart ? (Du GASC. escarramicà t). ESP. encaramado : juché sur, perché.
escaraougner
v. - Abßmer, égratigner. - C'est pas facile de parler le français ; nous autres, les gens du Midi, on a un peu tendance à escaraougner les mots. (De l'OCC. escarraunhar [pron. escaraougnà ].
escardil
n.m. Rafle, épi de maïs égrené (mot occ. : escardilh).
escargolade
n.f. Voir cargolade.
escarouiller
v.t. Ăgrener le maĂŻs. (Du GASC. escarrolhar : peigner le lin pour en ĂŽter la graine). Voir ca-rouille, coque, coucarel, despĂ©louquer, escapiter, millas, panouille, pĂ©loc, tanoc.
escarrer
v. Essuyer son assiette avec un morceau de pain de façon à la laisser propre. - Allez, chacun escarre son assiette avant le fromage. Ici on ne change pas les assiettes pour le dessert ! (De l'OCC. escarrar : racler, ratisser).
esclaffemerdes, Ă©crase-merdes
n.f. Chaussures, parfois larges du bout. -Tâaurais quand mĂȘme pu acheter des chaussures un peu Ă©lĂ©gantes pour le mariage de ta sĆur plutĂŽt que ces esclaffemerdes ! (De l'OCC. esclafar : Ă©craser).
esclaffer
v. Ecraser. - Comme un crĂ©tin, je suis allĂ© mâesclaffer contre le platane ! Voir espoutir. (De l'OCC. esclafar : Ă©craser. A ne pas confondre avec esclafir : sâesclaffer de rire). CAT. esclafar : Ă©craser, Ă©crabouiller. Voir englander, espoutir.
esclaoufit
n.m. Mauvaise odeur, odeur de renfermĂ©. - Il faut ouvrir les fenĂȘtres et aĂ©rer, ça sent lâesclaoufit ici ! Voir arraquer, enfalĂ©ner, emboucaner.
esclapou
n.m. ï1. Ăclat de bois, copeau, utilisĂ© pour allumer le feu, ï2. expr. - Maigre comme un esclapou. (De l'OCC. esclapon [pron. esclapou]). Voir chisclĂ©t, maigrichĂČt, rĂ©chichouĂ©t, sar-naille.
esclapouti
adj. et part. pass. Se dit d'un gùteau qui n'a pas gonflé à la cuisson ou d'un coussin écrasé. - C'est une tarte ça, ou un soufflé esclapouti ? (De l'OCC. espotir : écraser). Voir espoutir.
escoubassat, escoubassit, escoubassĂČt
n.m. Repas de fin de vendanges, du cĂŽtĂ© du Madiranais. - Maintenant que les vendanges sont finies, on va faire l'escoubassĂČt et on va se dire Ă l'annĂ©e prochaine ! Simin Palay fait remarquer qu'en gascon, l'escoubasĂČ signifie, notamment la conclusion, la fin d'un travail, d'une entreprise. En Lomagne, c'est le repas que l'on donne aprĂšs avoir bĂąti une maison. (De l'OCC. escoba : balai). ESP. escobazo : coup de balai, ESP. escoba, ITAL. scopa : balai. Voir brespail, dĂ©jeuner, dĂźner, esprantiner, fristi, graillou, manger, mongĂ©tade, souper.
escoupit
n.m. Crachat. (De l'OCC. escopir : cracher). CAT. escopir, ESP. escupir : cracher.
escruches
n.f.pl. Restes. - Donnez-moi vos escruches, ça m'Ă©vitera de changer les assiettes pour le des-sert, tĂȘ ! (De l'OCC. cruscas). Voir crusques.
esculer (sâ)
v. ï1. Tomber sur le cul, Ă la renverse. â Redresse-moi ce sac comme il faut, sinon il va sâesculer nom de nom ! (De l'OCC. escular). CAT. escular : Ă©culer, ITAL. sculacciare : fesser. Voir atchouler, empĂ©guer, enquiller, espatarrer, estabanir, pastifresser. ï2. EsculĂ© : adj. et part. pass. ĂculĂ©, dĂ©formĂ©. S'emploi en gĂ©nĂ©ral pour des chaussures, justement Ă©culĂ©es, dont l'arriĂšre est quelque peu Ă©crasĂ©. - Tu ne peux pas aller Ă noce avĂ© ces souliers complĂšte-ment esculĂ©s! Il t'en faut une paire de neufs quand mĂȘme, depuis le temps que tu les traĂźnes ceux-lĂ ! (De l'OCC. esculĂ t).
espandir
v. Répandre. - Si tu avais pris un panier pour porter ces chùtaignes, tu en aurais pas espandi partout ! (De l'OCC. espandir). en CAT. expandir, ESP. esparcir, ITAL. spandere : répandre, éparpiller.
espanir
v.t. Sevrer, pour un petit veau. (De l'OCC. espanir : mettre les enfants au pain; lui-mĂȘme de pan : pain). Voir bĂ©dĂ©lou, brau, rĂ©poupĂ©t, rouĂšc, velle.
espanter
v. Epouvanter, stupĂ©fier, Ă©pater, Ă©poustoufler. - Quand il mâa dit le prix quâil a payĂ© sa BM, con !... ça mâa espantĂ© ! Surtout qu'elle est mĂȘme pas neuve ! (De l'OCC. espantar : Ă©pouvan-ter ; stupĂ©fier...). CAT. et ESP. espantar, ITAL. spaventare : Ă©pouvanter. NB. pour stupĂ©fier, le CAT. emploie espaterrar. Voir espatarrer, estabousir.
esparriguer, esparriquer
v.t. Eparpiller. - Un fusil qui esparrigue : qui Ă©parpille ses plombs. (De l'OCC. esparricar : s'Ă©taler en prenant de la place).
espatarner (s')
v. Voir s'espatarrer.
espatarrade
n.f. Chute de tout son long (De l'OCC. esparatarrada). Voir rĂȘche.
espatarrer (sâ), espatarrailler (sâ), espatarraquer (s')
v. S'Ă©tendre de tout son long. â Atche-le, ton frĂšre sâil sâen fait, tout espatarrĂ© dans lâherbe, sous le tilleul / - La premiĂšre fois que je suis montĂ© sur des skis, je me suis espatarrĂ© devant tout le monde... Jâavais bonne mine, tĂȘ ! / -C'est espatarrant : c'est renversant. (De l'OCC. : espatarrar : Ă©tendre Ă terre, tomber de toute sa longueur ; sâĂ©panouir de plaisir). ESP. despatarrarse. CAT. espaterrar-se : se renverser. Voir atchouler, empĂ©guer, enquiller, esculer, estabanir, pastifresser.
espélir
v. Eclore. - Je suis contente, tĂȘ ! La clouque a fini de couver, les petits poulets ont espĂ©li hier. (OCC. espelir). CAT. espellida (peu us.) : Ă©closion. Voir clouque, caoujole, coutinou, glousse, poulet.
espéloufit, espéloufrit, espeilloufrit
adj. ĂbouriffĂ©, hĂ©rissĂ© ; effarouchĂ©, effrayĂ©. Il est temps que le papa aille au coiffeur ! Re-garde-le lĂ comme il est espĂ©loufrit ! (De l'OCC. espelofir, espelhofrir). Voir espĂ©luquĂ©.
espéluqué
adj. DĂ©peignĂ©, les cheveux en bataille. Ne me regarde pas, eh ! Que je viens de me lever et que je suis encore toute espĂ©luquĂ©e ! (De l'OCC. espelucar : dĂ©pouiller le maĂŻs. Un espĂ©luquĂ© ressemblerait donc Ă un Ă©pi de maĂŻs dĂ©pouillĂ©, avec ses peaux en Ă©ventail). ESP. (AMĂR. LAT.) espelucar, espeluzar (peu us.).
espépisser
v. Trifouiller la nourriture pour enlever ce qui déplaßt (le gras du jambon notamment). - Mange au lieu d'espépisser comme ça, espÚce d'estoufignous que tu es ! (De l'OCC. espepis-sar ou espepidar, espefidar, espepissonar, espepiussar : éplucher, examiner, regarder dans tous les sens, Îter les petites plumes des volailles). Voir canets, espessugner, espigouter, espiouter, tchaoupiller, tchaoupiner, trafiquer, trifougner ; estafignous, fastigous, nicous.
espĂšre
n.f. Attente, affut. La chasse Ă lâespĂšre : Le chasseur est postĂ© dans lâattente de tirer sur le gibier. (De LâOCC. espera [pron. espĂšro]).
espérer
v. Attendre. - Ton frĂšre nâest pas encore arrivĂ© ? - Non ! Il commence Ă se faire espĂ©rer ! (De l'OCC. esperar). ESP. et CAT. esperar. Voir bader, ergne, inquiĂ©ter, tirer, tenir, trastĂ©jer.
espessugner
v. ï1. Ăplucher, dĂ©mĂȘler avec beaucoup de soin (De l'OCC. espesir). ï2. Espessugner un texte : le lire et le relire pour le comprendre et l'analyser. Voir espĂ©pisser.
espette
Voir clé.
espigouter
v. Eplucher ; trier les légumes. (De l'OCC. espigotar). Voir espiouter.
espintcher
V. tr. Lorgner, Ă©pier, observer. - Tu tâentends bien avec ton nouveau voisin ? - Pas trop ! Il est tout le temps en train dâespintcher derriĂšre les carreaux. Ăa me plaĂźt pas trop, ça ! (De l'OCC. espinchar [pron. espintchĂ ]).
espiouter
v. Enlever les petites plumes du poulet, mais aussi enlever les petits morceaux de gras de la viande (Quelque peu pĂ©joratif). - Les jeunes d'aujourd'hui, ils n'aiment pas le gras et espiou-tent toute la viande parce que ça leur plaĂźt pas ; ils laissent le meilleur, tĂȘ ! (De l'OCC. espigo-tar : ĂŽter des dĂ©bris d'Ă©pi ; Ă©plucher, nettoyer). CAT. espigolar : glaner, butiner, grappiller. Voir canets, coque, coucarel, espĂ©pisser, espessugner, espiouter, panouille, pĂ©loc, pĂ©lufres, tanoc, trier.
espoumper
v. Faire gonfler une jupe ou une coiffure aplatie. - Avec ce foulard j'ai les cheveux complĂšte-ment aplatis ! Il faudrait que je les espoumpe un petit peu quand mĂȘme, sinon de quoi je vais avoir l'air ? (De l'OCC. espompar, espompir : gonfler).
espoutir
v. Ecraser, Ă©crabouiller. - Quand jâai vu lâarbre qui commençait Ă tomber, je me suis sorti de dessous en quatriĂšme vitesse ! Tu m'aurais retrouvĂ© complĂštement espouti, couillon ! (De l'OCC. espotir [pron. espoutĂ]). Voir englander, esclaffer.
esprantiner, esprandiner
ï1. v. DĂ©jeuner ; dĂźner. ï2. n.m. repas de midi ; repas du soir. (De l'OCC. esprandinar ou esprantinar). Voir brespail, crusques, dĂ©jeuner, dĂźner, escoubassĂ t, fristi, graillou, manger, mongĂ©tade, souper.
esquicher
v. ï1. Coincer, serrer, presser... Pousse-toi un peu ! Tu vois pas quâon est tout esquichĂ©, lĂ ! / Si tu vas au supermarchĂ© ne me mets pas les boites de petits pois sur les fraises comme la derniĂšre fois, eh ! Que tu me les as toutes esquichĂ©es ! ï2. On trouve parfois ce mot dans le sens d'Ă©corcher (la peau) et dĂ©chirer (un vĂȘtement) : - Mais ne pleure pas ! Tu t'es juste un peu esquichĂ©e ! On te voit pas encore le foie ! (De l'OCC. esquichar). CAT. esqueixar, ITAL. schiacciare. Voir catcher, quicher, toucher.
esquilou
n.m. Grelot. - Si tu vas danser la bourrĂ©e, nâoublie pas tes esquilous ! (De l'OCC. esquila : clo-chette). ESP. esquila, CAT. esquillerinc : grelot, clochettes.
esquinter
v. ï1. AbĂźmer. - Je me suis esquintĂ© le doigt avec un marteau. ï2. Epuiser. - Il sâesquinte Ă longueur de journĂ©e dans le champ ! Jamais il se repose ! (De l'occitan esquintar). Figurant au LAROUSSE. CAT. esquinçar : dĂ©chirer.
esquipĂČt
n.m. Reste culinaire. - Ressers-toi ! Tu ne vas pas me laisser cet esquipĂČt tout de mĂȘme ! (De l'OCC. esquipĂČt : bourse, tirelire ou aussi son contenu ; estomac ; gĂ©sier)
estabanir
v.t et intr. Tomber en faiblesse, s'évanouir. - Si tu ne manges pas plus que ça, macarel, tu vas t'estabanir ! (De l'OCC. estavanir). Voir aganit.
estabousir
v. tr. ï1. StupĂ©fier, abasourdir, Ă©tonner ; assommer. - Quand quâil mâa dit quâil allait se marier avec la fille du maire, ça mâa estabousi ! Aussi : - Je suis restĂ© complĂštement estabousi ! : ... stupĂ©fait. (De l'OCC. estabosir [pron. estabousĂ]) CAT. estabornir, mĂȘme sens. ï2. Estabousi : adj. et n. Idiot. - Il vaut mieux un petit dĂ©gourdi qu'un grand estabousi. Phrase prononcĂ©e par un petit, revanchard, cherchant Ă s'accommoder de sa petite taille. (De l'OCC. estabosir [pron. estabousĂ]).
estalbier
v.t. intr. et r. Economiser, Ă©pargner. - Tu peux commencer Ă estalbier si tu veux partir en vacances ! (De l'OCC. estalviar). CAT. estalviar ; caixa d'estalvis : caisse d'Ă©pargne.
estamper
v. - Voler, arnaquer. Cinq euros un pastaga ! LĂ , je voudrais pas dire, mais tu tâes vachement fait estamper... ARGOT. (De l'ITAL. stampare, soutirer de l'argent). Figure au LAROUSSE.
estaoumassier
v. Assommer - Mais tu vas lâestaoumassier si tu continues Ă lui taper dessus comme ça ! (Ori-gine incertaine). Voir assuquer, clesquer, englander, estourbir.
estarrusser
v. ï1. DĂ©molir des mottes de terre en tapant dessus avec un rĂąteau. ï2. Assommer, tuer un lapin. - Pute de lapin, il mâa Ă©chappĂ© juste au moment oĂč jâallais lâestarusser, il mâa fallu le courser Ă travers le jardin ! (De l'OCC. estaussar, Ă©motter, et terrĂ s : motte de terre)..
estataragner, estataragnéjer, estargagner
v. Enlever les toiles d'araignĂ©es ou tataragnes (De l'OCC. aranha [pron. arĂ gno] : araignĂ©e et tataranha [pron. tatarĂ gno] : toile dâaraignĂ©e). Voir tataragne.
estélé
adj. et part. pass. ï1. EtoilĂ©, pour le ciel, signe de beau temps. (De l'OCC. estela : Ă©toile). ï2. IlluminĂ©, et par extension, fĂȘlĂ©. - Il sort en tee-shirt lâhiver et il met des pulls au mois dâaoĂ»t, il est un peu estĂ©lĂ©, lui, eh ! (De l'OCC. estelar : fendre, briser). ESP. estrellado, CAT. estellat, ITAL. stellato : Ă©toilĂ©.
estéringle
n.f. ï1. Seringue ï2. Personne maigre. - Mange un peu, espĂšce d'esteringle, si tu veux devenir grand et costaud comme ton pĂšre ! (De l'OCC. esteringla). Voir brĂšle, chisclĂ©t, grahus, menut, piĂštre, peine, tras.
estibade
n.f. Dans l'expression faire l'estibade : Se faire embaucher comme journalier chez les fer-miers de la région pour les moissons par exemple. (OCC. estivada [pron. estibado]). CAT. estiuada.
estimbourlé, etsimbourlé
adj. ï1. DĂ©sorientĂ©, dĂ©concertĂ©, dĂ©boussolĂ©. - Depuis qu'il a perdu sa femme, ce pauvre Ernest, il est complĂštement estimbourlĂ©. ï2. Simple d'esprit - Celui-lĂ , il est un peu boulĂ©guĂ© du bulbe, il est un peu estimbourlĂ©, mĂȘme ! ï3. Fou. (De l'OCC. estimborlat : Ă©cervelĂ©, Ă©tourdi, lui-mĂȘme de timbol : fou). Voir banaste, brave, cabourd, clouque, cocoye, counas, couillon, counĂ©t, counifle, cunĂšfle, fada, intĂ©nerc, pec, pĂ©piĂČt, pirol, tartagnole, tim-boul, voyage (en tenir un).
estirgougner
v. Etirer - Eh bĂ© ! Si tu lâestirgougnes comme ça, ce pull, tu vas en faire une robe de chambre ! (De l'OCC. estirgonhar [pron. estirgougnĂ ] : tirailler); CAT. estirganyar, mĂȘme sens. Voir bader.
estofich, estofinade
n.f. voir stockfisch.
estomac
n.m. Poitrine. - La Catinou, eh bé on peut dire qu'elle a de l'estomac. [NB. Si l'on prononce le c d'estomac, c'est encore mieux]. (De l'OCC. estomac : estomac, poitrine, sein). Voir barbe, couquelle, gargamelle, papatch, poumpil, poupous.
estomaquer
v. EcĆurer, causer du dĂ©goĂ»t. - Mais qu'est-ce que tu t'es foutu comme parfum ? Putain, ça m'estomaque ! (De l'OCC. estomagar : couper la digestion).
estoufadis, estoufaranis
n.m. ï1. Chose indigeste, difficile Ă avaler. - La fouace, câest bon, mais si tu vas trop vite, câest un vĂ©ritable estoufadis ! ï2. Endroit oĂč il fait trĂšs chaud, oĂč l'on Ă©touffe. (De l'OCC. estofar [pron. estoufĂ ]: Ă©touffer).
estouféguer
v. Suffoquer ; suffoquer au point de sâasphyxier.- Ouvre un peu, il n'y a pas d'air, on s'estou-fĂšgue. / - J'ai avalĂ© un morceau de travers, je m'estoufĂšgue. (De l'OCC. estofegar [pron. estoufĂ©gĂ ]). CAT. ofegar, ESP. ahogar, ITAL. soffogare, mĂȘme sens.
estoufét
n.m. RagoĂ»t de pommes de terre et de haricots. - Tu vois le dimanche, on se fait souvent un estoufĂ©t. AprĂšs on va faire la sieste et et on sâendort sans problĂšme ! (De l'OCC. estofet [pron.estoufĂ©t]). CAT. estofat, ESP. estofado, ITAL. stufato : viande Ă l'Ă©touffĂ©e, daube.
estoufignous, estafignous
adj. DĂ©licat, difficile pour la nourriture ; qui chipote. â Ah ! Tu ne veux pas boire Ă la gourde aprĂšs moi ! Mais tu sais que tu es un peu estoufignouse, eh ! (De l'OCC. estofinhĂłs [pron. estoufignoĂșs]: dĂ©daigneux). Voir espĂ©pisser, fastigous, nicous, tchaoupiller.
estoufobiĂšillo
n.f. Ătouffe-chrĂ©tien. Se dit dâune pĂątisserie farineuse, lourde ou sĂšche. Mais câest de lâestoufobiĂšllo cette fouace ! OĂč t'as trouvĂ© ça ? (De lâOCC. estofa-viĂšlha [pron. estoufobiĂšil-lo] : m. Ă m.: Ă©touffe-vieille). Voir estoufobougre.
estoufobougre
n.m. Sorte de pĂątisserie ou galette cuite Ă la poĂȘle, appelĂ©e ainsi car comme l'estoufobiĂšillo, elle est un peu farineuse et sĂšche. (de l'OCC. estofar : Ă©touffer). Voir estoufobiĂšillo, estou-fogat.
estoufogat
n.m. Voir estoufobiĂšllo, estoufobougre. (De l'OCC. estofa gat : m. Ă m. : Ă©touffe-chat)
estourbir
v. Mot français. Assommer. - Avant de tuer le lapin, tu lui fous un pĂ©t sur la tĂȘte, tu lâ estourbis ! AprĂšs tu lui arraches un oeil et tu attends que le sang coule... AprĂšs ça, tu peux lâĂ©corcher. Tu vois, câest pas difficile ! Figure au LAROUSSE, mais d'un emploi plus frĂ©quent dans le Sud de par sa consonance occitane, bien que d'origine allemande : gestorben. Voir assuquer, clesquer, englander, ensuquer, estaoumassier.
estourniquer
v. Ăternuer. - Et qu'est-ce que t'as Ă estourniquer tout le temps, tu as pris froid ou quoi ? (De l'OCC.; estornicar). ESP. estornudar, CAT. esternudar, ITAL. starnutire.
estranger
n. Ătranger. - On connaĂźt personne ici ! Y a que des estrangers ! (De l'OCC. estrangiĂšr [Pron. estrandger]). CAT. estranger, ESP. extranjero, ITAL. staniero.
estransiné
part. pass. et adj. Racorni, flĂ©tri, repliĂ© sur lui-mĂȘme. - Et tu vas nous faire manger cette sa-lade toute estransinĂ©e ? Mais je vais aller t'en ramasser une autre moi, eh ! (De l'OCC. estransinar : se dessĂ©cher d'inquiĂ©tude).
estransiner
v. Ătrangler ; Ă©gosiller. - Coupe des morceaux plus petits, nom d'un chien ! Sinon tu vas t'es-transiner ! (De l'OCC. estransinar). Voir escaner.
estrémer
v.t. Enfermer, mettre en lieu sûr, mettre de cÎté. (De l'OCC. estremar).
estretch
adj. Etroit. - LĂ , on passera pas avec le camion ! Il faut dire que câest un peu estretch ! (De l'OCC. estrech, estreit). CAT. estret, ESP. estrecho, ITAL. stretto.
estripaĂŻre
n.m. Cultivateur, appareil agricole attelé servant à émotter ou à gratter superficiellement le sol. - PlutÎt que de labourer je préfÚre passer un coup d'estripaïre, ça fait aussi bien et ça va plus vite ! (De l'OCC. estripar : émotter).
estriquét
adj. Voir estretch.
estron
n.m. - ï1. Etron, fiente, crotte. - Va chercher les oeufs au poulailler, mais fais attention de pas marcher dans les estrons de poules ! ï2. Morveux. - Bah ! Tu nâes quâun estron ! (De l'OCC. estront). ITAL. stronzo, mĂȘme sens, (mais aussi : con, salaud, connard). Voir farnous, mĂ©cut, farnous.
estuger (s')
v. Se faufiler en essayant d'Ă©viter les regards. - Essaye voir si tu peux pas passer devant tout le monde en t'estugeant sans que personne ne te voie ! (De l'OCC. s'estujar : s'enfermer ; se cacher).
et
conj. Dans le parler méridional, cette conjonction est intercalée dans les nombres comme 70, 75⊠: soixante-et-dix, soixante-et-quinze⊠(En FR. cette maniÚre de dire se retrouve uniquement dans 21, 31, 41, 51, 61, 71, et non dans les nombres qui les suivent). Curieu-sement ni en FR. ni dans le parler méridional on ne dira quatre-vingt-et-un alors qu'on dit vingt-et-un !
Ă©table
n.m. Ătable (f. en FR.) - On entend encore "Le petit Ă©table, le vieil Ă©table"... (De l'OCC. es-table, n.m.). ESP. establo (n.m.).
Ă©tenailles
n.f. Tenailles. - Va demander les Ă©tenailles au voisin. Je sais plus quâest ce que jâai fait des miennes ! (De l'OCC. estenalhas). CAT. estenalles, mĂȘme sens.
ĂȘtre
v. ï1. Ă©tĂ© employĂ© comme part. pass. d'aller. - Votre fils n'est pas lĂ , madame Lespinasse ? - Eh bĂ© non pauvre, il a Ă©tĂ© au coiffeur. âŠil est allĂ© chez le coiffeur, mais il n'en est pas encore revenu. (Cependant en FR. on peut dire : J'ai Ă©tĂ© Ă Paris l'an passĂ© (dans le sens de "jây ai sĂ©journé»), ou bien : - la derniĂšre fois que j'ai Ă©tĂ© chez le coiffeur... ï2. Autrefois on entendait Ă la campagne : - Je suis Ă©tĂ© Ă la foire, pour : "Je suis allĂ©âŠ". ï3. expr.- Tu as Ă©tĂ© en ville ? ... Ă y ĂȘtre, tu aurais pu acheter le pain ! :... tant que tu y Ă©tais... ESP. he estado, ITAL. sono stato : je suis allĂ©. ï4. expr. Ătre de (ĂȘtre de bac, de noce). - Demain je ne peux pas venir, je suis de noce. Quand un professeur mĂ©ridional dit : - Je suis de bac, c'est qu'il est convoquĂ© pour surveiller ou corriger le bac. NB. : En FR. on dit bien : ĂȘtre de la fĂȘte. ï5. ĂȘtre (absence du verbe). - Ma voiture ne tourne pas du tout bien, je crois qu'elle a besoin de rĂ©viser ! : ... d'ĂȘtre rĂ©visĂ©e. - Tu me donneras tes pantalons, qu'ils ont besoin de laver ! : ... d'ĂȘtre lavĂ©s. (calques OCC., y compris le pluriel de pantalon).
eu
part. pass. de avoir. - Est-ce que tu sais en quelle annĂ©e est mort Louis XIV ? - Je l'ai eu su macaniche, mais je ne m'en rappelle plus... : ... je l'ai su, mais je ne m'en souviens plus... Je l'ai eu su est la premiĂšre personne du singulier d'un passĂ© surcomposĂ© qui comporte deux participes : eu et su. Le MĂ©ridional, mĂȘme s'il dĂ©sire bien parler le français, aura beaucoup du mal Ă se dĂ©faire de cet emploi (qui n'est d'ailleurs pas fautif, mais plutĂŽt dĂ©suet). Ce temps est un prĂ©tĂ©rit particuliĂšrement parfait qui renvoie le plus souvent Ă jadis : je l'ai su, autrefois, mais, cela est sĂ»r, je ne le sais plus du tout aujourd'hui ! /- Moi du cafĂ© j'en ai eu bu jusqu'Ă six tasses par jour quand j'Ă©tais jeune !... et je dormais pareil ! : ... j'en ai bu, j'en buvais... (En rĂ©alitĂ©, ces expressions que l'on entend dans d'autres rĂ©gions de France - comme le fameux "ça eu payĂ©" de Fernand Raynaud -, si on ne les entend quasiment plus dans la bouche de ceux qui veulent parler français "comme il faut", on les a eu entendues, c'est Ă dire qu'il nous est arrivĂ© de les entendre, autrefois.
euro, franc (les un)
Loc. L'euro, le franc - Excusez-moi, Madame... Je n'ai pas de monnaie... vous n'auriez pas les un euro par hasard ? HabituĂ© Ă dire les 10 c, les 2 âŹ... on oublie que 1 euro est naturelle-ment au singulier. NB : On dit aussi on va fĂȘter ses un an.
exemple
loc.adv. Par exemple : Tout à fait académique cette expression figurant dans les diction-naires français est néanmoins trÚs fréquemment employée par les personnes ùgés de notre Midi qui s'exclament : - Ah ça par exemple ! Tu ne me l'avais pas racontée celle-là !
extrĂȘmoncier
v. - Donner l'extrĂȘme-onction. - La pauvre garce, elle va pas en avoir pour longtemps ; le curĂ© achĂšve de l'extrĂȘmoncier. ... Le curĂ© vient de lui donner l'extrĂȘme-onction. (Dans le parler populaire ce sacrement est devenu l'extrĂȘmontion, mot qui par dĂ©faut a rĂ©clamĂ© un infini-tif). Voir ritou.
F
F.C.A., Fécéa
n.m. - Le FĂ©cĂ©a est le club de rugby dâAuch. Le F.C.A. est le Football-Club auscitain, prononcĂ© [fĂ©cĂ©a] au lieu de [Ăšfe-cĂ©-a], mĂȘme par certaines personnes cultivĂ©es. Cf. tĂ©fĂ©cĂ©.
fabrou
n.m. Rebouteux. - Pour te remettre ce genou en place, moi je ne vois qu'une solution, c'est d'aller voir le fabrou de Launaguet, eh ! (MĂȘme origine OCC. que fabre : forgeron).
face (en)
adv. - Tu as vu quâil a plantĂ© un cerisier en face la maison ? ... en face de la maison. Se cons-truit souvent sans prĂ©position en parler mĂ©ridional.
fùché
part. - A lui, je lui parle plus, je lui suis fùché ! ... je suis fùché avec lui. Voir copain.
fada, fadorle
adj. Fou, mariole, dingue, Ă©cervelĂ©. ï1.- Il est complĂštement fada, ce mec ! (De l'OCC. fat-fada). ï2. - Tu as vu Ă quelle heure tu rentres ! Il faut ĂȘtre complĂštement fadorle pour traĂźner dans les rues Ă quatre heures du matin avec ce qu'on voit de nos jours ! (De l'OCC. falord). ITAL. balordo. Voir bestiasse, branque, cabourd, caluc, caouĂšc, dĂ©variĂ©, estimbourlĂ©, fait, falourd, madur, mafre, pec, pĂ©t au casque, pĂ©piĂČt, pirol, timboul, voyage..
fadĂ s, fadasse
adj. TrĂšs fade, insipide. - Tu trouves pas que cette soupe est un peu fadasse ? (occitanisation du mot FR. fade).
faire
Ce verbe, trĂšs employĂ© en FR., l'est encore plus dans le parler mĂ©ridional. On peut dire que c'est un verbe Ă tout faire. ï1. - Alors, quel temps il a fait aujourd'hui ? - Eh bĂ© il a fait du brouillard ! Hier il a mĂȘme fait du verglas ! : il y a eu du brouillard... on a eu du verglas... (On dit aussi faire de la pluie, faire de la rosĂ©e : pleuvoir, y avoir de la rosĂ©e). - Alors, il pleut ? - BĂŽ, il te fait trois gouttes, juste pour mouiller la poussiĂšre...! ...il tombe trois gouttes. ï2. - Et le petitou, il va bien ? - Ne m'en parlez pas il me fait angine sur angine ! ï3. Jouer. - Le dimanche aprĂšs-midi, je m'en vais faire aux boules Ă HĂ©raclĂšs. / - Les garçons, ils sont partis faire au foot aux Minimes ! / Ils font Ă celui qui criera le plus fort ! ï4. - J'aime bien acheter de la viande chez Caporal, il fait de la bonne viande : ... il sert, il vend... ï5. - A ce travail, il faut s'y faire pour rĂ©ussir ! : ...il faut persĂ©vĂ©rer, donner le meilleur de soi-mĂȘme. ï6. - Faire les ans : fĂȘter son anniversaire. - Et pourquoi vous vous faites la bise, il y a quel-qu'un qui fait les ans ou quoi ? ï7.- Fais un bisou Ă tati, quâon sâen va ! :... embrasse... (donne un baiser) ï8.- Je me fais bien avec lui, ça me rendra peut-ĂȘtre service. : ... je me mets dans ses bonnes grĂąces. ï9.- Se faire avec une fille : voir frĂ©quenter. ï ï10.- Faire mal : Incommoder. - Ne mange pas tant, ça va te faire mal. / - Ouille ! Je me suis contrefaite en voulant attraper un pot de confiture ! - Et tu tâes faite mal ? - Non, mais jâaurais pu... ... tu tâes fait mal ? (accord incorrect en FR., mais frĂ©quent dans le Sud). 11. expr. - Vouloir faire ou ne pas faire : vouloir marcher (ou pas) comme il faut. - Ya pas Ă dire eh ! quand ça veut (pas) faire, mille dieux !!! ⊠: ... quand ça veut (pas) marcher... 12. expr. - Fais un peu de lumiĂšre, que jây voie ! : Allume... 13. expr. - Ces chaussures neuves me font mal. Il faudra que je les supporte jusquâĂ ce quâelles se fassent ! : ... jusqu'Ă ce quâelles sâadaptent Ă mon pied, qu'elles s'Ă©largissent. ï14. - Il est malin celui-lĂ , tĂȘ ; rappelle-toi quâil sait y faire ! : ... il sait se tirer de toutes les situations, il s'y prend bien. ï15. expr. - Oh ! Lui il se le fait facile ! : ... Il ne se casse pas la tĂȘte pour ça, il sait tirer la couverture Ă lui. ï16. Faire tu, faire vous : tutoyer, vouvoyer. - Je lui dis de me faire tu, il continue de me faire vous ! ï17. - Avec la pluie qui est tombĂ©e, il a dĂ» sâen faire des cĂšpes, eh ! : ... en pousser. ï18.- Si on continue Ă travailler Ă ce train-lĂ , Ă midi on lui aura fait mal Ă ce mur, eh ! : ... on aura avancĂ© en ouvrage... Voir aussi : bourre (toucher la). ï19. Faire lune : MystĂšre de la mĂ©tĂ©orologie, dans le Midi il fait lune quand le soleil tape trĂšs fort.
faĂŻs
n.m. ï1. Fardeau. ï2. Tas. - Si tu veux du bois, viens en chercher, jâen ai tout un faĂŻs derriĂšre la maison ! (De l'OCC. fais : fagot ; paquet). vx FR. faix, ITAL. fascio, ESP. haz, CAT. feix.
fait (ĂȘtre)
part. pass. du verbe faire. ï1. Ivre. ï. 2. CinglĂ©. - Mais regarde-le çui-lĂ Ă quelle vitesse il arrive ! Mais il est complĂštement fait ma parole ! (Allusion au melon qui, lorsqu'il est fait, est mĂ»r - voir ce mot - et par consĂ©quent immangeable ou comme le fromage peut ĂȘtre fait) : il est fou, il est madur Ă point, il est caouĂšc.
fait-exprĂšs
Expr. - Câest comme un fait-exprĂšs ! :... comme si câĂ©tait fait exprĂšs.
falourd
adj. Etourdi ; un peu fou ; sot (De l'OCC. falord). ITAL. balordo. Voir bartole, caouÚc, counét, counifle, indjaourit, innocent, maché, estimbourlé, pépiot, pirol, piroulét, tatagnole.
falsaĂŻre
n.f. ï1. Garce. ï2. sorciĂšre. (De l'OCC. fals-a : faux-fausse). Voir carnus, dame, garce, gri-sette, jeune-fille, madonne, marĂątre, mĂ©nagĂšre, mĂ©nine, mounĂšque, nĂ©nette, patronne, pou-souĂšre, sansogne.
falsebĂšstieuu
n.f. Hypocrite, faux. (Francisation de l'OCC. falsa bestia : m.Ă m. bĂȘte fausse). - Mon voisin ? Ne m'en parle pas ! C'est une falsebĂšstieuu ! Il fait semblant de te dire bonjour, et aprĂšs il va te crtiquer dans ton dos!
fan, Ă©fan, fantounel, fantou
n.m. ï1. - Enfant - Oh ! Fan !... Quâest-ce que tu me racontes lĂ ? (Mon pauvre enfant. Sens voisin ici de " Oh ! La la ! "). Marque lâĂ©tonnement ou lâadmiration. /- Oh ! Pauvres Ă©fans, quelle vie qu'on mĂšne nous autres ! ï3. fantou, fantounel, Ă©fan : petit. - Oh ! Fan de chi-chourle ! Aussi : fan de pieds ! De lâOCC. efant). LANGUEDOC.
fangassiĂšre
n.f. Garde-boue. - Avant, quand on partait Ă vĂ©lo, on avait pas peur de traverser les champs, mĂȘme quand il pleuvait ! Je te dis pas comment on sâenfanguait ! AprĂšs, il fallait enlever la boue des fangassiĂšres avec un baton ! (De l'OCC. fangassiĂšra : morceau de cuir destinĂ© Ă ga-rantir de la boue lâessieu de la charrette). ITAL. infangarsi, ESP. enfangarse, CAT. enfangar-se : sâembourber.
fangue
n.f. Boue, gadoue, gadouille. (De l'OCC. fanga [pron. fĂ ngo]) FR. fange, CAT. fang, ITAL. fango. Voir enfanguer. En GASCOGNE : hangue. Voir bardouille, bouillaque, enfanguer, paillebart.
fangueux
adj. Fangeux. - Si tu tâen vas Ă la mare, mets-toi les bottes en caoutchouc, parce que lĂ -bas, câest fangueux (Il y a de la fangue). De l'OCC. fangĂłs [pron. fangous]. CAT. fangĂłs, ESP. fango-so, ITAL. fangoso, mĂȘme sens. Voir enfanguer.
Fanny (ĂȘtre)
expr. Terminer sur un score nul à la pétanque. On dit aussi : Embrasser Fanny, baiser Fan-ny, baiser le cul de Fanny, pour : perdre par 13 à zéro, et : Mettre quelqu'un Fanny, pour : gagner par 13 à zéro.
farci
Farci, farçou ï1. n.m. Farce. - La poule farcie câest rudement bon... Mais il faut savoir faire le farci ! (De l'OCC. farcit) CAT. farcit. ï2. Le farçou se confectionne avec des feuilles de blettes, de la chair Ă saucisse (autrefois, avec le reste du lard cuit de la soupe), de l'aĂŻl, du persil, un Ćuf, du pain trempĂ© et de la farine, le tout bien mixĂ© et frit dans une poĂȘle. ï3. expr. Couper le farci : Porter la culotte. - Chez eux c'est elle qui coupe le farci, c'est pas lui ! - Oh, eh bĂ©, pauvre, il en faut un ! (Expr. OCC. copar lo farcit : ĂȘtre le maĂźtre). Voir patronne.
fargué
loc. Ătre mal farguĂ© : ĂȘtre mal habillĂ© - Arrange-toi un peu ! Tu es toute mal farguĂ©e ! (De l'OCC. malfargat). Voir afarguĂ©, arranger, dĂ©braguer, dĂ©gaillĂ©, dĂ©gargaillĂ©, dĂ©jarguer, despa-patcher, despipadĂ©, ensacher, jarguĂ©, marquer.
farine
expr. Se retrouver le nez dans la farine : Ătre pris au dĂ©pourvu, obtenir le contraire de ce que lâon avait prĂ©vu, se retrouver comme un crĂ©tin.
farinettes
n.f.pl. CrĂšme Ă base de farine sucrĂ©e et de chocolat. (De lâocc. farinetas : bouillie pour en-fants). CAT. Farinetes : bouillie ; plat populaire se composant de farine de cĂ©rĂ©ales, d'eau, d'huile et de sel.
farlabique
n.f. Frelatage, falsification (vins, alcools,âŠ). (De l'OCC. farlabica). Voir alambiqueur, barral, barricou, Bourrou, couler, gabel, pintou, riquiqui.
farnac
n.m. Gros repas - Quel farnac qu'on s'est mis au repas des chasseurs ! Moi je dis⊠c'Ă©tait mĂȘme trop ! Voir afart, bĂąfras, farnat.
farnat
n.m. Pùtée des porcs à la farine de maïs ou au son ; mélange de choses diverses, peu élé-gant. (De l'OCC. farnat). CAT. farnat : mélange de mets. Voir farnac.
farnous
adj. Morveux - Essuie-toi la bouche, que tu es tout farnous ! (OCC. farnós [pron. farnous] : sale, barbouillé). Voir estron, mécut, merdous, brastous, camaïer, mouscaille, moustafa, mouster, moustous, pégueux.
farou
n.m. Chien de berger (De l'OCC. farĂł). Voir caporal.
fart
adj. voir hart.
fasti, fastis
n.m. ï1. DĂ©goĂ»t, rĂ©pugnance. ï2. - Faire des fastis, ĂȘtre dĂ©goĂ»tĂ©, faire des maniĂšres ou des façons, ĂȘtre fastigous. Voir estoufignous. (De l'OCC. fasti) CAT. fastic.
fastigous
adj. Difficile, qui se dĂ©goĂ»te facilement Se dit notamment de celui qui enlĂšve dans son as-siette le gras du jambon ou de la viande. (De l'OCC. fastigĂłs, fastidieux, rassasiant, dĂ©goĂ»-tant). CAT. fastigĂłs : dĂ©goĂ»tant, Ă©cĆurant, dĂ©gueulasse. Voir espĂ©pisser, estoufignous, nicous, tchaoupiller.
fatche
n.f. Face. Oh! fatche de⊠(En gĂ©nĂ©ral, ⊠de con ou de rien du tout, cela dĂ©pendâŠ). (De l'OCC. fĂ cia). ITAL. facia [pron. fatchia].
fatigué
adj. ï1. EuphĂ©misme pour "Ă l'article de la mort". - Tu avais su que son grand-pĂšre Ă©tait mort. - Eh non... J'avais su qu'il Ă©tait fatiguĂ©, mais... ï2. Ătre complĂštement ivre. Voir bandĂ©, bĂ©ouĂ©t, coufle, cufelle, empaffer, empĂ©guer, hart, joli, pĂ©tĂ©, pintĂ©, sadoul, tenir (en ~ une)
fatiguer
v. Touiller, remuer la salade pour l'assaisonner parfaitement. En rĂ©alitĂ©, c'est le âfatigueurâ de salade et non celle-ci qui fini par ĂȘtre fatiguĂ© au moment de la manger.
faux
adj. Mauvais, vénéneux (pour un champignon). - Ne ramasse pas ceux-là , malheureux, c'est des faux ! NB. Confusion due au qualificatif faux associé à certains champignons vénéneux (la fausse oronge par exemple). Voir moussalou.
faysses (Ă )
dans l'expr. - Il pleut à faysses : il tombe des cordes (De l'OCC. fais [pron. fayss], fagot, pa-quet). Voir abat d'eau, chagat, délaouatz, goutte, liabas, plÚge.
fécos (faire)
expr. Faire le carnaval (rĂ©gion de Limoux - Aude). La pĂ©riode du Carnaval de Limoux s'Ă©tend sur un si grand nombre de semaines (onze) qu'il est, trĂšs vraisemblablement, le plus long carnaval du monde, mĂȘme si la ville ne fait pas carnaval -fĂ©cos - chaque jour pendant toute cette pĂ©riode. En effet, outre le Mardi-Gras des origines, masques et musiques ne sortent que chaque samedi et chaque dimanche, en dehors de la semaine folklorique qui dĂ©roule ses fastes autour du Mardi-Gras.
fĂšde
n.f. Brebis - Regarde ce troupeau de fĂšdes autour de la lavogne. (De l'OCC. feda). Voir la-vogne.
fégnantas, fainéantas
adj. Grand paresseux - Il nâen fout pas une rame de toute la sainte journĂ©e, ce fĂ©gnantas ! (Suffixe augmentatif occitan -as associĂ© au mot FR. fainĂ©ant)
fégnantéjer, fainéantéjer
v. FainĂ©anter, paresser. - Quâest-ce que tu as fait dimanche ? - BĂŽa ! jâai fĂ©gnantĂ©jĂ© toute la matinĂ©e ! (Adaptation au FR. fainĂ©ant du suffixe OCC. -itjar du verbe prigritjar : fainĂ©anter). Voir balĂ©nt, barranquine, bras-cassĂ©, fĂ©gnantas, fĂ©vrier (ĂȘtre nĂ© en), galapian.
feigue
n.f. Enfant polisson, malin, rusé. (Origine incertaine).
feinter
v. SĂ©cher le cours. - Demain il y a un contrĂŽle de maths de trois heures ! Jâaurais bien envie de feinter moi !... ARGOT MĂR. Influence du mot rugbystique feinter. ITAL. far finta : faire sem-blant.
félut
adj. Mal coiffĂ©. - Ăa doit sacrĂ©ment buffer dehors, parce que tâes tout fĂ©lut ! (De l'OCC. felut : velu). Voir buffer.
femme
n.f. EmployĂ© avec l'article : Ă©pouse. - Et oĂč tu as la femme ? - Oh bĂ© elle prĂ©pare la soupe ! (En OCC. on dit l'ome, la fenna, pour dire ton mari, ta femme). On dit aussi la fille, le fils⊠pour dire ma fille, mon fils. ITAL. on dit la moglie (la femme) pour dire ma femme.
fémourier
n.m. Tas de fumier. - Tu as des soucis ? Fais comme le coq, toute la journĂ©e sur le fĂ©mourier, et ça ne l'empĂȘche pas de chanter. (De l'OCC. femoriĂšr : fosse Ă fumier).
fénestrou, finestrou
n.m. Soupirail, vasistas... - Comme je voulais pas rester fermé dehors, je suis passé par le finestrou du garage ! (OCC. : fenestron). ITAL. finestrino. NB. en CAT. finestró : volet.
fénétra
D'aprĂšs Louis Alibert, le fĂ©nĂ©tra est un pardon qui se gagne Ă Toulouse en carĂȘme et aux fĂȘtes de PĂąques en visitant les maladreries des faubourgs ; par extension, rĂ©unions de dĂ©votion et parties de plaisir oĂč l'on danse. D'aprĂšs Simin Palay : Autrefois Ă Auch, foire oĂč les domestiques venaient se louer. A Toulouse on parle de Grand FĂ©nĂ©tra. Il s'agit d'une fĂȘte populaire qui se tient en dĂ©but d'Ă©tĂ© et oĂč se dĂ©roulent des spectacles de danses de chants et musiques traditionnels donnĂ©s par des groupes venus de France et d'ailleurs. (De l'OCC. fenetrĂ ou feletrĂ ).
fennasse
n.f. Femme grossiÚre, peu fine. - Ma femme, c'est pas un fétu de paille comme la tienne mon pauvre Marcel, c'est une vraie percheronne ! - Ouais, une fennasse, quoi ! (De l'OCC. fenna : femme, suivi du suffixe dépréciatif - assa [pron. fennà sso]).
fennassier
adj. SĂ©ducteur, homme Ă femmes, coureur de femmes. - Ah ! Ăa y est ! Il a rĂ©ussi Ă se marier quand mĂȘme ce fennassier, Ă cinquante cinq ans passĂ©s ! (De l'OCC. femnassiĂšr, lui-mĂȘme de femna : femme). Voir fumelier, putanier.
ferlup
n.m. Gorgée de vin bue en faisant du bruit dans un verre rempli à ras bord, que l'on ne porte pas à la bouche.
ferluper, farluper, hurluper
v. ï1. Humer ï2. Sucer, boire un verre trop rempli, boire d'un seul trait ï3. Manger de baisers. (De l'OCC. ferlupar). Voir ferlup.
fermer, enfermer
v. ï1. Enfermer. - Bernardo, tu as fermĂ© le chat ? ⊠enfermĂ© le chat. / TĂȘ ! Je m'en vais fer-mer les poules, qu'il va faire nuit ! ... fermer la porte du poulailler. ï2. Se fermer : s'enfer-mer. - Pourquoi tu te fermes comme ça ? Tu as peur des voleurs ou quoi ? ï3. Se fermer : v. Expression mĂ©tĂ©orologique : Le temps s'est fermĂ© : Il fait mauvais temps. ï4.- Le gosse, il est allĂ© aux cabinets et... je sais pas comment il sâest dĂ©brouillĂ©, pauvre, il est restĂ© fermĂ© (ou enfermĂ©) dedans ! / La femme est partie avec la clĂ© et on est restĂ© fermĂ© (ou enfermĂ©) dehors pendant une heure ! Tu le crois, ça mille dieux ? : Ces deux expressions indiquent lâimpossibilitĂ© dâentrer ou de sortir. (Expressions particuliĂšrement saugrenues puisquâen pays dâOc on peut ĂȘtre enfermĂ©... mĂȘme dehors !).
fessou, fessoul, foussou
n.m. - Le fessou sert au sarclage et au binage de la vigne. (OCC. fesson [pron. fessou]). EspĂšce de houe pointue ou de pioche qui permettait entre autre de creuser le sillon et de rejeter la terre de part et d'autre en vue du semis. Voir andusac, bĂ©cat, bĂȘche, bĂ©zouy, bigos, houe, majunquer, paloun, pelle-bĂȘche, pelleverser, sarclĂ©t.
feu
ï1. Voir arrĂȘter (le feu). ï2. expr. C'est du feu qui tombe! ou il tombe du feu ! : le soleil cogne. Se dit lorsque l'on sort vers 2 heures d'une aprĂšs-midi d'Ă©tĂ© et que l'on reçoit d'un coup toute la chaleur sur le corps.
fĂšve
n.f. Gland du pĂ©nis. AppelĂ© aussi pois chiche. (De l'OCC. fava, [pron. fĂ bo], mĂȘme sens). Voir asperge, bique, poireau, pois chiche, quique, quiquette, riuchiuchiu, sguĂšgue.
février
expr. Ătre nĂ© au mois de fĂ©vrier : ĂȘtre fainĂ©ant - Rappelle-toi que celui-lĂ , il n'est pas trĂšs vaillant. Il doit ĂȘtre nĂ© au mois de fĂ©vrier sans doute... Ou peut-ĂȘtre un dimanche, qui sait ? (allusion Ă la longueur de ce mois qui n'a que 28 jours et, donc, moins de jours de travail).
ficelle
n. ï1. TrĂšs grand et trĂšs mince - Oh ! quâil est ficelle ! Et combien il mesure ? Au moins un mĂštre quatre-vingt-dix, non ? ï2. Dans un autre contexte on parle de ficelle de lieuse pour dĂ©signer une ficelle plutĂŽt Ă©paisse et solide qui servait autrefois Ă nouer les gerbes.
ficelon
n.m. Ficelle de boucher. - Le ficelon sert, en GASCOGNE, à la confection du saucisson et des rÎtis. (Du GASC. : ficelon [pron. ficélou]).
fier
adj. Grand et fort.- Elle ne ressemble pas du tout sa mĂšre ; elle est beaucoup plus fiĂšre quâelle ! : plus grande, charpentĂ©e... - Tiens-toi fier ! : Porte-toi bien (Dordogne). Faire le fier : expr. Snober - Tu trouves pas qu'il fait un peu le fier depuis qu'il est maire, le Raymond ? Voir balĂšs, cacou, gaillard, quĂšque ; despendjorlard, ficelle, galĂ©, grandas, grandĂ©t.
figue
n.f. Sexe de la femme. Comme souvent en langue méridionale le sexe de la femme évoque quelque chose de sucré ou de parfumé. Voir beignet, bergamote, buffe, nature, patchole.
filet
n.m. Fil de fer. - Autrefois on attachait les bottes de foin avec du filet, maintenant on prend de la ficelle en plastic, c'est plus léger. Voir plastic.
finir
v. Dans l'expression finissez d'entrer ou achevez d'entrer : ne restez pas sur le pas de la porte, entrez donc !
fion
n.m. Remarque désobligeante et acerbe. - Celui-là , il sait pas parler à quelqu'un sans lui en-voyer un fion. (De l'OCC. fion [pron. fiou] adresse ; bonne tournure ; brocard ; mot piquant ; chagrin ; inquiétude)
fioulét, fiolét, fioularel
n.m. Sifflet - Ah ! Je sais plus oĂč j'en suis, tu m'as coupĂ© le fioulet (De l'OCC. fiulĂ©t ou siulĂ©t). CAT. xiulet. Voir chioulĂ©t.
flambadou
n.m. Capucin ou cornet métallique percé à son extrémité, muni d'un manche, que l'on fait rougir au feu et dans lequel on introduit une tranche de lard qui en fondant permet d'arro-ser la viande qui rÎtit à la broche. Est également utilisé pour arroser de beurre le gùteau à la broche. (De l'OCC. flambador [pron. flambadou]). Voir flambusquer.
flamber
expr. Flamber la mique : Manger avec beaucoup dâappĂ©tit. (De l'OCC. mica : mie).
flambusque
n.f. Vol, fauche - Si tu vas aux puces, fais gaffe Ă la flambusque ! Voir arpaillan ; estamper, flambusquer, tchourer.
flambusquer
v ï1. Arroser de lard fondu une volaille au tourne-broche. Cette opĂ©ration se pratique grĂące Ă un "flambadou" (capucin en FR.), espĂšce de cĂŽne mĂ©tallique muni d'un manche, que l'on fait chauffer Ă blanc et dans lequel on place un morceau de lard qui en fondant coule lentement sur la viande et lui donne une saveur sans pareille. (De l'OCC. flambuscar). ï2. Flamber, passer une volaille plumĂ©e Ă la flamme. - Autrefois nous autres on flambusquait les poulets sur le gaz, maintenant j'ai ma sĆur qui le fait avec un petit chalumeau camping-gaz ; eh bĂ© tu sais que c'est pas malcommode ? ï3. ss. figurĂ© : flamber, plumer. - Je me suis fait flambusquer Ă la bourre (jeu de cartes) : J'ai tout perdu, je me suis fait plumer.
flĂȘchard
n.m. Fronde. A l'Ă©cole primaire, dans les annĂ©es cinquante, chaque garçon (ou plutĂŽt garçou-nas) avait son flĂȘchard, rĂ©alisĂ© Ă l'aide d'une fourche en bois d'une trentaine de centimĂštres de haut, munie de deux Ă©lastiques dĂ©coupĂ©s dans une chambre Ă air de voiture et solidement attachĂ©s aux branches de la fourche, avec du ficelon. Un morceau de cuir de vieille chaussure faufilĂ© Ă l'intĂ©rieur des Ă©lastiques servait de rĂ©ceptacle au projectile, une pierre ou parfois mĂȘme... un boulon ! Ce terrible appareil destinĂ© en principe Ă abattre des moineaux, Ă©tait rarement utilisĂ© Ă cet effet. Il s'agissait en fait de dĂ©caniller des boites de conserves posĂ©es sur un piquet de clĂŽture et, Ă l'occasion, de casser les carreaux des maisons abandonnĂ©es. Un instrument, en fait, dont la dĂ©tention aujourd'hui dans une enceinte scolaire, entraĂźnerait une exclusion ou, Ă tout le moins le conseil de discipline !
flemme
expr. Ne pas y aller de flemme : Ne pas y aller de main morte. - Il te lui a donné une paire de baffes, con ! il y est pas allé de flemme ! GASCOGNE.
flémou
n.m. Petite flemme. - Je m'en vais faire un petit siestou. J'ai un petit flémou. (Suffixe occitan -ou ajouté au mot FR. flemme). Voir cugne, cuque.
flĂšou
n.m. Voyou, dur, mauvais garçon, loubard - Les flÚous de St-Cyprien, comme la plupart des habitants de ce quartier de Toulouse, avaient un accent et un argot bien particulier, dont de nombreux exemples figurent dans ce lexique. Voir argagnol, arapaillan.
flisquét
n.m. Loquet. - TĂȘ, il faut qu'on s'en retourne pasque je sais pas si j'ai fermĂ© le flisquĂ©t du ga-rage, que si la chatte elle s'Ă©chappe, elle va se faire Ă©craser, non d'une pipe, macagnon ! (Mot OCC.).
floc
n.m. Floc de GASCOGNE : apĂ©ritif gascon. Simin Palay donne du floc la dĂ©finition suivante : Fleur de grande taille ; bouquet ; grappe ; ce qu'il y a de mieux sur une place de marchĂ©, le surchoix. - Donc le floc, ça ne doit pas ĂȘtre mauvais !
foi (ma)
expr. typiquement méridionale. - Alors Mamie ça va ? - Ma foi ! ⊠Ce qui signifie que Ma-mie le fait aller. / - Tu veux aller te promener Mamie ? - Ma foi ! : Ici ce "ma foi" est plutÎt un "pourquoi pas". Quoi qu'il en soit, il y a peu d'enthousiasme dans la réponse de Mamie.
foirail
n.m. Dans le Centre et le Midi, le foirail est le champ de foire. Le LAROUSSE admet ce mot comme régionalisme.
fois
expr. ï1. Les autres fois : Avant ; auparavant, autrefois. â Ah ! Mais maintenant, câest plus comme les autres fois ! (De l'OCC. autres cops). ï2. Une fois en passant : de temps en temps. - T'aimes pas le saucisson Lulu ? - C'est pas ça, mais le docteur m'a interdit d'en man-ger ! - Oh ! une fois en passant, ça va pas te tuer !
fond
n.m. Bout, extrémité. - Il est descendu en courant jusqu'au fond de la cÎte ! :... au bas de la cÎte. - Les vaches sont parties au fond du pré ! : de l'autre cÎté du pré. ... Au fond de l'étable : à l'autre bout de l'étable
fontaine
n.f. - Simone ! Tu sais pas oĂč il est mon tricot ? Je lâai pas trouvĂ© dans lâarmoire ! - Oh ! Toi, de toute façon tu ne trouverais pas de lâeau Ă la fontaine ! A lâadresse des paresseux (sou-vent du genre masculin) qui ont besoin dâassistance (souvent fĂ©minine) pour mettre la main sur un objet. Voir Garonne, glisser.
forcaillou
n.m. Un "forcap" encore jeune. (Du FR. caillou : cabochard, associé à l'OCC. forcap) Voir cail-lou, forcap.
forcap
n. et adj. Forte tĂȘte. - Pour lui faire entendre raison, on a du mal ; c'est un forcap vous savez ! (OCC. fĂČrt cap: forte tĂȘte). Voir amĂČri, cabourd, caillou, capillier, clusque, cuque, fatche, mour.
fort
expr. Ne pas ĂȘtre fort Ă quelque chose : Ne pas ĂȘtre enclin Ă faire quelque chose. - Moi au champagne j'y suis pas fort. Je prĂ©fĂšre finalement un bon bordeaux que non pas du cham-pagne !
fouace
n.f. PĂątisserie aveyronnaise en forme de galette - La meilleure fouace, câest Ă St-Cyprien quâon la trouve, Madame ! (De l'OCC. fogassa [pron. fougĂ sso]). CAT. fogassa. (NB. ESP. hogaza : miche de pain).
fouacét
n.m. AUDE en particulier : Biscuit, galette, petit-beurre (De L'OCC. fogassét).
fougasse
n.f. Fouace. Ce mot est surtout employé dans LANGUEDOC, en LozÚre notamment pour désigner une pùtisserie en forme de couronne, appelée fouace en Aveyron, coque dans la région de Toulouse, tourteau dans le Gers, etc. CAT. fogassa. (NB. ESP. la hogaza est la miche de pain). Voir coque, fouace, limoux, tourteau, royaume.
fougner
v. ï1. Fouiller. ï2. Fourrer en poussant dans un tiroir dĂ©jĂ bien plein. - Ah ! C'est comme ça que tu plies tes affaires ! En les fougnant dans la commode ? (De l'OCC. fonhar [pron. fougnĂ ]. Voir fourguigner, fureter, hurguer, trafiquer, trifougner.
fourguigner
v. Fouiller. (Voisin du v. OCC. forgalhar). CAT. furgar, ESP. hurgar : fouiller. Voir trifougner.
fourmetser
v. Enlever le fumier - Il faut fourmetser les lapins de temps en temps si on veut pas qu'ils en aient jusque par dessus les oreilles. (De l'OCC. femorejar avec une confusion probable avec un verbe à la sonorité voisine : formatjar, mais celui-ci signifie "faire des fromages" !). Voir fémourier, galinasse.
fournét
n.m. Fourneau, extérieur ou dans l'étable, destiné à cuire les aliments pour le bétail. - Dans le temps, on faisait cuire les patates pour les cochons dans le fournét. (De l'OCC. fornét).
fourniĂšre
n.f. Four de boulanger, fournil (De l'OCC. forniĂšra). La piĂšce oĂč l'on faisait le pain autrefois et qui sert aujourd'hui le plus souvent de dĂ©barras.
foussou
Voir fessou.
foutral
n.m. Chose imposante, grosse. - Je suis passĂ© devant chez lâEdouard. Tu as vu ce foutral de maison quâil a maintenant ? (De l'OCC. fotral [pron. foutral]). Voir barrique, engraisser, gigot et grain d'aĂŻl, profiter, quelque chose.
foutu (mal)
adj. Malade, souffrant. - Alors, comment il va le Jeannot, eh ? - Oh, ça fait trois jours qu'il est mal foutu. Il est pas encore foutu, mais il est foutu de rester Ă la maison une semaine encore, ce macarel ! Je sais pas qui c'est qui m'a foutu un type pareil, nom de nom ! Voir agacis, crĂ©bĂšre, lancer, mal (avoir du), patchaque, pĂ©t de travers, pierres (soufrir les), poutingue, requinquiller, tras. En FR. mal foutu signifie ĂȘtre mal bĂąti, mal proportionnĂ©.
fouyre
n.f. Diarrhée. -Je crois que j'ai trop mangé d'abricots, j'ai attrapé la fouyre ! - C'est pas que t'en manges trop, c'est que tu n'attends pas qu'ils soient mûrs, toi aussi ! Attention, si on va à l'étranger, fouyre se traduit par turista. (De l'OCC. foira [pron. fouro]). Voir cagagne, ca-gasse, caguÚre.
frais (de)
expr. ï1. En bon Ă©tat. - Tu as bien fait de mâoffrir un sac Ă main, que jâen avais aucun de frais ! ... aucun de vraiment en bon Ă©tat. ï2. Depuis peu. - Il est fait de frais le cafĂ©, ou il est de ce matin ? (De l'OCC. fresc : neuf, propre).
francimand, franchimand
n.m. Dans son Dictionnaire de la Catinou, Charles Mouly définit ainsi le franchimand : "Pour nous sudistes, les franchimands sont les Français d'au-dessus de la Loire. Le français est leur langue naturelle et ils parlent pointu - Voir ce mot - alors que nous, nous parlons plat". De quelqu'un qui cherche à cacher son accent méridional, (autrement dit, à renier ses origines !) on dit qu'il francimandÚje (De l'OCC. francimandejar). Voir caouÚc, diable vert, gabatch, montagnol, Pays-Bas, Pimpous, pouraille, rester.
francimandéjer
v. Affecter de parler le français avec l'accent du Nord (de la Garonne, à Bordeaux, de la Loire en tout cas). Voir francimand.
frapanard
n.m. Voir tabanard
fréquenter
v. Sortir avec (un garçon ou une fille)- Vous dansez mademoiselle ? - Non, pauvre, je ne peux pas, je fréquente... (De l'OCC. frequentar). Voir causer, parler.
fristi
n.m. Nourriture, repas, frichti, - Qu'est ce que tu nous a prĂ©parĂ© comme fristi ? (Origine incertaine. Rapprochement possible avec l'allemand frĂŒhstĂŒck : dĂ©jeuner ; cependant no-tons que fristolhar signifie festoyer en GASC. et que la fristĂČlha est un plat de fricot, plus abondant que dĂ©licat, ou une ratatouille). Voir brespail, crusques, dĂ©jeuner, dĂźner, escou-bassat, esprantiner, graillou, manger, mongĂ©tade, souper.
fritons
n.m. Rillons. - Ce soir il y a du pùté, du jambon et des fritons de canard. On va se régaler ! (De l'OCC. fritons). Voir chichou.
froid
expr. Avoir le froid dessus : avoir froid du fait que l'on ne s'est pas suffisamment couvert en sortant, ou que l'on a "ramassĂ© froid" et que, bien que l'on se couvre abondamment on n'arrive tout de mĂȘme pas Ă avoir chaud (ou mĂȘme Ă "ramasser chaud"). Ce n'est pas simple. - Brrr ! Je suis restĂ© dix minutes Ă attendre le bus, et maintenant j'arrive pas Ă me rĂ©chauffer, j'ai le froid dessus !
froustougner
v. Froisser. - T'as la robe qui froustougne ; elle est toute froustougnĂ©e. (de l'OCC. frostir pron [froustĂ]: froisser, suivi d'un suffixe colorant -ougner)
fum (Ă )
loc. A fond, à toute vitesse - Alors, il prend la moto et... à fum à dabaler la cÎte ! (De l'OCC. a fum -fum : avec de la fumée. GASC. a hum !). Voir bomber, bringue, brullos, coup (d'un coup de).
fumace
exp. Ătre fumace : ĂȘtre en colĂšre (De l'OCC. fumace : rage, colĂšre fumante). NB. Ce mot existe dans les dictionnaires de l'argot FR., mais orthographiĂ© fumasse. Voir inquiĂ©ter, rogne, ruque.
fumelier
n.m. Coureur de jupons, homme Ă femmes (Du GASC. fumela : femelle). Voir cagnas, fennas-sier, putanier, queutard, traquer.
fure
n.f. Drague, action de courir les filles. (de l'OCC. fura : capture, découverte excelente). Voir causer, fennassier, parler, putanier.
furer
v. Draguer, courir les filles. (De l'OCC. furar : fureter, chasser au furet).
fureter
v. Fouiller avec acharnement. - Mais qu'est-ce que tu furÚtes partout comme ça ? Tu vas me démolir la maison !
fuste
ï1. n.f. BĂąton fin et souple. (De l'OCC. fusta). ESP. fusta : cravache. ï2. expr. Partir Ă fuste, LANGUEDOC, Ă hute, GASCOGNE : prendre la fuite, dĂ©guerpir. (De l'OCC. futa ou du GASC. huta : fuite).
fut, fut !
Onomatopée destinée à chasser les chats ou les enfants - Allez, fut ! fut ! Sors-toi de devant que tu encombres ! (De l'OCC. futa : fuite).
futaille volante
expr. Se disait des tonneaux tels que les bordelaises et mĂȘme les demi-muids (600 litres), pour les distinguer des foudres (11.500 litres).
G
gabatch
n.m. Ătranger ; celui qui parle une langue Ă©trangĂšre ; gavache, de la montagne ; Audois pour un Roussillonnais, Aveyronnais pour un HĂ©raultois. On est donc toujours le gabatch de quelqu'un. (De lâOCC. gavach : Goinfre ; goulu ; rustre ; grossier ; montagnard ; langage Ă©tranger, patois). ESP. gabacho : canaille; celui qui vient du Nord (dans ce cas donc, les Français.) CAT. gavatx : gavache, montagnard des PyrĂ©nĂ©es françaises, Français. Le terme "gabatch" selon d'autres sources serait dĂ©rivĂ© de lâespagnol "gavacho" signifiant "canaille" et dĂ©signant toujours celui qui vient de plus au Nord. En Roussillon, les gavachs sont les Languedociens, en Languedoc, ce sont les Auvergnats, en GASCOGNE du Nord (MĂ©doc, ou Entre-deux-Mers par exemple), les "gavaches" sont les voisins de langue d'oĂŻl, donc les Cha-rentais. Dans l'Aveyron les gabatchs sont les habitants de Laguiole.
gabel, gavel
n.m ï1. Sarment de vigne. Voir asaigher, barquet, bigos, bourre, Bourron, cabeçal, fessou, majunquer, pichobi. ï2. expr. La tisane de gabel : le vin.- Tu prĂ©fĂšrerais du cafĂ©, de la verveine ou du tilleul ? - Oh ! pour moi ce serait plutĂŽt de la tisane de gabel, si ça ne te fait rien⊠(De l'OCC. gavĂšl [pron. gabel]). Voir alambiqueur, barral, barricou, couler, farlabique, pintou, riquiqui.
gafarou
n.m. Fleur des champs velue, poussant dans les lieux incultes, qui a la particularitĂ© de s'accrocher aux vĂȘtements de laine. - Tu t'es couchĂ©e dans l'herbe ou quoi, que tu as le tricot plein de gafarous ? (De l'OCC. gafaron). Voir agafarĂČt, agafou, bourrichon, gahisse.
gafét
n.m. ï1. Gamin.- Eh ! Tu as vu son mari ? Mais quel Ăąge il a... qu'on dirait un gafĂ©t ! ï2. Adolescent, apprenti. - Sur le chantier, tout seul jây arrivais plus, alors jâai pris un gafĂ©t pour mâaider Ă travailler. (Mot GASC.). Voir cagĂČt.
gageot, gagette
n.m. et f. - Cageot. Cagette.- Les salades, tu les mettras dans des gageots et les fraises dans des gagettes !
gagner
v.t. ï1. Vaincre, battre, remporter. - Allez, dĂ©pĂȘche-toi de manger ta soupe sinon je vais encore te gagner ! : ⊠je vais te battre, je vais finir avant toi. ï2. gagner (se le). expr. MĂ©ri-ter. - Eh bĂ©, il faut se le gagner, eh ! (en parlant d'un travail difficile ou Ă©puisant qui rap-porte peu) : ... il faut (se) le mĂ©riter.
gagnoler
Voir cagniouler.
gahisse
n.f. Bardane. (GASC. gahis). Voir agafarĂČt, agafou, bourrichon.
Gaillac et Rabastens (ĂȘtre entre)
expr. Etre quelque peu Ă©mĂ©chĂ©. - Il nâest pas trĂšs clair, le Gastounet ! - En effet, je sais pas ce qu'il a fait cette nuit, mais ce matin il est entre Gaillac et Rabastens! Gaillac et Rabas-tens : deux bourgs du Tarn, producteurs de vin de Gaillac.
gaillard, gaillardét
adj. Costaud, en forme. (De l'OCC. galhard, galhardet : bien portant). CAT. gallard, ESP. gallar-do, ITAL. gagliardo, mĂȘme sens. Voir balĂšs, cacou, fier, gailloufard, quĂšque.
gailloufard
adj. Costaud, en forme - Alors Madame Lavergne, il va mieux votre mari ? - Il va un peu mieux, mais encore il nâest pas bien gailloufard ! (De l'OCC. galhofard : bien portant). Voir balĂšs, cacou, fier, gaillard, quĂšque.
galapian
n.m. Galapiat, Vaurien, fainĂ©ant. - Ce gosse, alors ! On nâen fera rien ! Câest un vĂ©ritable galapian ! (De l'OCC. Galapian : goinfre ; vaurien ; grand garçon paresseux). Voir balĂ©nt, bar-ranquine, bras-cassĂ©, fĂ©gnantas, fĂ©gnantĂ©jer, fĂ©vrier (ĂȘtre nĂ© en).
galé (grand)
n.m. - Un grand galé c'est un jeune, grand, pas trÚs gros, plutÎt nonchalant, pas trÚs "vaillant" et peu harmonieux. (Origine incertaine) Nombreux sont ceux qui pensent que grand galé est "gringalet" en FR. Il n'en est rien, bien entendu. Voir counas, despindjolard, fégnantéjer, ficelle, fier, grandas, grandét.
galet (Ă )
expr. Boire à galet : boire à la régalade. (Du GASC. galet : goulot de la bouteille).
galetas
n.m. Combles, grenier en général. - Tu as des tataragnes plein le béret ! Tu viens du galetas ou quoi ? (De l'OCC. galatas, du nom de la tour de Galata à Constantinople). Figure au LAROUSSE dans le sens de réduit misérable. Utilisé en Suisse romande dans le sens de "grenier, combles".
galinasse
n.f. Fumier de volaille, fiente de poule. - Rien ne vaut la galinasse pour avoir de beaux lĂ©gumes dans le jardin. (OCC. galinassa). ESP. gallinaza, mĂȘme sens. Voir fĂ©mourier, four-metser.
galinette
n.f. Poulette. (De l'OCC. galineta : petite poule ; coccinelle). ESP. gallinita, ITAL. gallinetta : pe-tite poule. Voir glousse, gorger, quéquét, poulet, poulétou.
galiniĂšre
n.f. Poulailler. - Je m'en vais faire un tour Ă la galiniĂšre, ramasser un peu de galinasse qu'ont fait les galinettes ! (De l'OCC. galiniĂšra). ESP. gallinero, CAT. gallinaire, ITAL. gallinaio. Voir lapi-niĂšre, poulaillĂšre, pouraille, volaillĂšre,
galopĂšre
ï1. n.f. Envie de courir, d'aller faire les magasins, de voyager... - Ces femmes, elles ont la galopĂšre ! ï2. n.m. & f. Celui ou celle qui aime courir, voyager... (De l'OCC. galaupaire : qui aime courir). Voir courinĂšre.
gamate
n.f. Auge du maçon servant à transporter le mortier. (de l'OCC. gamata ou gama-cha).
ganarre
n.f. Cuite, soĂ»lerie. - ÂŹOn l'appelait la Bandade (la bandĂ©e, c'est Ă dire l'ivrogne), parce qu'elle prenait ganarre sur ganarre, si bien qu'on n'a jamais su comment elle s'appelait rĂ©ellement. (De l'OCC. ganarra). Voir bandĂ©, bĂ©ouĂ©t, coufle (ĂȘtre), cufelle, empaffer, empĂ©guer, fatiguĂ©, hart, hartĂšre, joli (se mettre), murge, pĂ©tĂ©, pintĂ©, sadoul, tenir (en ~ une).
ganibe
n.f. Gros couteau. - Sans te commander, attrape la ganibe que je coupe le jambon ! (OCC. ganiva). FR. canif.
ganit
adj. Affamé, épuisé par la faim (voir aganit).
ganivelle
ï1. Palissade confectionnĂ©e Ă partir de fins piquets de chĂątaignier placĂ©s verticalement et reliĂ©s par du fil de fer galvanisĂ©. Les ganivelles sont conditionnĂ©es en rouleaux. Elles sont utilisĂ©es par exemple pour protĂ©ger les dunes des Landes ou de Camargue. Elles servent aussi et tout simplement de barriĂšres dans les sites touristiques de bord de mer ou ailleurs. ï2. n.f. Personnage imaginaire ou ayant existĂ© dont le patronyme vulgarisĂ© en est venu Ă signifier : bon Ă rien, stupide, comme en tĂ©moigne l'expression : "Il est comme le chien de Ganivelle qui s'en va quand on l'appelle". (Origine incertaine).
garbure
n.f. Soupe au chou gasconne - Une garbure, ça se confectionne avec des choux verts et de la ventrĂȘche, ça se fait cuire tout doucement dans un toupi, en fonte de prĂ©fĂ©rence et sur le feu de bois si on a les moyens.... (De l'OCC. garbura). Voir tourrin.
garbuste, garabuste
n.f. Bourriche. - Alors, les pescofis, on a la garbuste pleine ? (De l'OCC. garrabusta : panier d'osier, bourriche, filet de pĂȘche). Voir bourguignotte, paniĂšre, saque ; calicoba, canabĂšre, fissou, grougnĂ ou, montre, pescofi, piquĂ©e, puisette.
garce (filh dé ou hilh dé)
expr. Fils de garce. - Oh ! Filh dĂ© garce, alors ! (De lâOCC. filh de garça). Juron utilisĂ© par les gens dĂ©licats, comme euphĂ©misme pour filh dĂ© pute qui est, vous l'avouerez, franchement moins Ă©lĂ©gant ! Aussi : RĂ©filh dĂ© garce !
garçonas, garçounas
n.m. ï1. Garçon trĂšs viril. ï2. Garçon manquĂ©, fille qui joue avec les garçons. - Elle a pas peur d'aller au ruby, tu sais, elle. C'est un vrai garçounas ! (OCC. garçonĂ s).
gardepile
n.f. Grenier à blé. (De l'OCC. gardapila).
gargaillol, gargagnol
n.m. Voir gargamelle. (De l'OCC. gargalhĂČl : gosier).
gargamelle
n.f. ï1. Oesophage, gosier, gorge. - Jâai failli mâĂ©touffer, jâavais une arĂȘte coincĂ©e dans la gargamelle ! ï2. expr. Tout ça, câest comme un grain de blĂ© dans la gargamelle dâun Ăąne ! : ...câest sans importance, ce nâest pas trĂšs grave ! NB. Le mot gargamelle figurant au LA-ROUSSE est dâorigine OCC.). CAT. gargamella, ESP. garganta, mĂȘme sens. ITAL. bere a garganel-la : boire Ă la rĂ©galade.
gargoter
v. Bouillonner (pour un liquide). - Il faut que je rentre, Madame Laborde, j'en-tends la soupe qui gargote ! (De l'OCC. gargotar).
gargoule
n.f. GouttiĂšre ou tuyau de descente des eaux pluviales. - Il pleuvait tellement, que lâeau nâarrivait mĂȘme pas Ă descendre par les gargoules ! (DĂ©formation probable du mot gar-gouille dont le sens est diffĂ©rent). Voir dalle.
garnir
v.t. Remplir des papiers. Il paraĂźt qu'avec la carte Vitale on aura plus de papiers Ă garnir ! - Oui, mais il faut pas que tu t'oublies la carte Vitale, sinon tu es marron, couillon, ils te feront encore garnir quelque chose ! (Mot FR.)
garnir
expr. Garnir (la salade) : assaisonner. - Bon, j'ai préparé la salade, mais je ne l'ai pas garnie... Chacun se la garnira comme il voudra. :... chacun l'assaisonnera à son goût. (De l'OCC. garnir [pron. garni] : assaisonner).
Garonne
n.propre. ï1. La Garonne. Sâemploie sans article Ă Toulouse et rĂ©gion toulousaine. Comme je ne sais pas quoi faire, je m'en vais pĂȘcher Ă Garonne avant qu'elle dĂ©borde. - Oh, pour que Garonne dĂ©borde, il faut quand mĂȘme quâil pleuve un peu plus ! (De lâOCC. a GarĂČna, sans article). ï2. Ne pas trouver d'eau sous le pont de Garonne. expr. - Yvonne ! OĂč tu m'as foutu la chemise ? Je lâai pas trouvĂ© dans lâarmoire ! - Oh ! Toi, de toute façon, tu ne trouverais pas de lâeau sous le pont de Garonne ! A lâadresse des paresseux (souvent du genre masculin) qui ont besoin dâassistance (souvent fĂ©minine) pour mettre la main sur un objet. (Voir fontaine). Aussi : Ne pas trouver des cailloux Ă Garonne : ne pas voir ce qui saute aux yeux. (NB. : MĂȘme façon de dire pour Aude, employĂ© sans article par les locaux). ï3. Il n'y a pas le feu Ă Garonne ! : Il n'y a pas le feu au lac, rien ne presse, soyons patients et rĂ©flĂ©chissons avant de nous lancer dans une entreprise.
garouste
n.f. Nature. - AprĂšs le bal, l'objectif Ă©tait d'emmener les filles dans la garouste (ou dans la bagnole pour ceux qui en avait une). (De l'OCC. garrosta [pron. garrousto] : garrigue).
garrou
n.m. Jarret de veau. (De l'OCC. garron [pron. garou]). CAT. garrĂČ.
garrut
adj. Fort, costaud. Se dit aussi bien d'une personne que d'un animal. - T'as vu le nouveau pilier ? Il a l'air garrut ! (Du CAT. garrut-uda : qui a de grosse jambes). ESP. garrulo : brut, rustre.
gaspét
n.m. Petite grappe de raisin, grapillon. (De l'OCC. gaspa : grappe).
gastapiane
Voir castapiane.
gĂąteaux
n.m. Biscuits, gĂąteaux secs. - A la quine j'ai gagnĂ© un kilo de sucre et un paquet de gĂąteaux, c'est pas mal, eh ? - Oh eh bĂ© si tu t'en contentes, c'est pas malâŠ
gatemiĂ oule, gatemiaule
n.f. ï1. m. Ă m. Chatte qui miaule : se dit de quelqu'un qui chante trĂšs mal ou trĂšs faux. ï2. Hypocrite. - La nouvelle Ă©piciĂšre, je l'aime pas moi, eh ! Et gnagnagna, et gnagnagna ! C'est une gatemiĂ oule, tĂȘ ! ï3. Personne geignarde ou pleurnicheuse. - Qu'est-ce qu'elle m'agace cette pauvre femme chaque fois que je la vois ! C'est pas la peine de lui demander si ça va ! De toute façon, ça va jamais ! Et tantĂŽt c'est la jambe, et tantĂŽt c'est le dos ! Oh, ma-caniche, alors ! Quelle gatemiĂ oule ! (Du GASC. gatamiaule, lui-mĂȘme de gata : chatte et miaular : miauler). Voir bĂ©chie, falsebĂšstieu, sounsigner.
gùté-pourri
adj. Se dit d'un enfant capricieux et comblĂ© qui obtient tout ce qu'il veut de ses parents,. - Ce gosse elle ne peut rien en faire, et en plus il est gĂątĂ©-pourri. (du FR. gĂątĂ© utilisĂ© dans le mĂȘme sens, suivi de l'adj. pourri qui renvoie au fruit qui de trop ĂȘtre gĂątĂ© se pourrit).
gatouner
Voir catouner.
gazaille (en)
expr. ï1. Amener une vache (ou autre animal) en gazaille : la conduire chez quelqu'un pour la faire paĂźtre. ï2. Extension du sens : laisser Ă l'abandon. - Oh ! son tour de maison, maintenant qu'il est tout seul, il est un peu en gazaille ! (de l'OCC. a la gasalha : au hasard).
générale
n.f. Bagarre générale. -expr. : Déclancher une générale, au rugby notamment.
genou de vieille (tailler comme un)
Voir tailler
gerbiĂšre
n.f. Gerbier. (De l'OCC. garbiĂšra : grande meule de gerbes). CAT. garbera. NB. en FR. une ger-biĂšre Ă©tait une charrette servant Ă transporter les gerbes).
Gers
Le S est le plus souvent prononcĂ©, mais contrairement Ă ce que lâon pense, ce ne sont pas forcĂ©ment les "Parisiens" qui lâomettent. Certains Gersois, aussi, prononcent [ger] et ce nâest sĂ»rement pas par snobisme. Il semblerait qu'aujourd'hui, pour "plus d'authenticitĂ©", il soit de bon ton de dire Gersss, quitte Ă produire des rimes pauvres du style "[poulets] Ă©levĂ©s en plein air / Ă©levĂ©s en plein Gersss". Autres cas de consonnes finales sourdes : le n de Tar(n) et de BĂ©ar(n) entre autres, ainsi que tous les r finaux des infinitifs en OCC. Voir Capvern
gigot et grain d'ail
expr. Se dit d'un couple dont l'un est trÚs gros et l'autre trÚs maigre. - Je viens de rencontrer les nouveaux voisins, et bé eux, c'est vraiment gigot et grain d'ail. Elle doit te faire au moins 150 kilos et lui, il est tout réchichouét que tout mouillé je sais pas s'il en fait 50 ! Voir bar-rique, engraisser, foutral, profiter.
giscler
v. Gicler (OCC. gisclar). Voir chistrer, rechaoupisquer, regiscler.
gitane, gitanous, gitanas, gitou
n.m. - A SesquiĂšres il y a un campement de gitanes. Notons que le mot gitane n'est pas au fĂ©minin. [Sa prononciation mĂ©ridionale est uniquement influencĂ©e par l'OCC. gitano]. Gita-nas : augmentatif et pĂ©joratif. Gitou : diminutif mais tout aussi pĂ©joratif. OĂč l'on voit que le parler populaire ne s'embarrasse pas de complexes racistes, il y va franchement. En effet on peut encore entendre des phrases du genre : - Ils vivent Ă cinq dans la mĂȘme piĂšce, comme des gitous ! [Le s de gitous est le plus souvent sonore, sauf si l'on veut faire plus FR.]. Propos ne datant pas d'avant le politiquement correct.
glinguer
v. Grincer, émettre un bruit désagréable, anormal, indiquant que la chose qui le produit est quelque peu "déglinguée". Voir clasquéjer, cagniouler.
glisser
Dans l'expr. "j'ai glissé à la fontaine" : Cette expr. qui n'est guÚre employée aujourd'hui, signifiait à peu prÚs ceci : "Je me suis laissé séduire par un garçon et j'ai fini dans son lit, avec toutes les conséquences que cela peut avoir", mais outre que ceci est beaucoup moins poétique, c'est trÚs trÚs long à dire.
gloupéjer
v.i. Mot rencontré dans le sens de renifler, alors que son origine OCC. est glopejar : boire par petite gorgées ; tomber goutte à goutte. Glissement de sens, donc : - Pour éviter que la goutte (du nez !) ne tombe, on gloupÚje !
glousse
n.f. Poule couveuse, mÚre poule. (Amalgame de deux mots occitans cloca : poule couveuse et clocir : glousser). Voir clouque, galinette, gorger, quéquét, poulet, poulétou.
gna gna
expr. Gnangnan. - Cette petite qui Ă©tait si mignonne ! Elle est devenue un peu gna gna tu ne trouves pas ?
gnac
n.m. AphérÚse d'armagnac. - Un peu de gnac ! Rien de tel pour avoir du gnac !
gnac
n.m. ï1. Morsure - Ce con de chien, il mâa foutu un gnac, j'ai cru qu'il m'emportait le poumpil !... (De l'OCC. nhac [pron. gnac] bruit de la mastication). ESP. ÂĄĂac! OnomatopĂ©e utili-sĂ©e dans les BD pour traduire une morsure. ï2. Avoir du gnac : ĂȘtre volontaire, dĂ©terminĂ©, dĂ©cidĂ© Ă rĂ©ussir ; ĂȘtre en pleine forme - Moi je me lĂšve Ă six heures du matin, je monte jus-qu'Ă la Pipane, si je trouve trois cĂšpes, je les ramasse, Ă 8 heures je dĂ©jeune avec du jambon et du fromage, un peu de vin rouge... AprĂšs ça, con, j'ai du gnac pour toute la journĂ©e ! Avoir du gnac, pour une femme signifie aussi "avoir du chien".
gnaquer
v. Mordre. - Facteur, con, câest dangereux comme mĂ©tier ! Tu peux te faire gnaquer quarante fois par jour par un con de chien ! (De l'OCC. nhacar [pron. gnacĂ ]).
gnasque
n.f. Morsure, "gnac" ; cicatrice. - Fais gaffe au chien en arrivant ! Il est pas commode ! Re-garde la gnasque que j'ai là , et ça fait plus d'un an qu'il m'a gnaqué. (De l'OCC. nhacar : mordre). Voir gnac, gnaquer.
gnĂco-gnĂĄco, gnĂgo-gnĂĄgo
loc. - ï1. - Lui, tout ce qu'il fait, c'est Ă la gnĂco-gnĂĄco. ⊠à la va vite, n'importe comment. ï2. - Expression exprimant le bruit de la scie, la ressĂšgue : conversation pĂ©nible ou en-nuyeuse. ï3. Se dit aussi de personnes qui s'excitent mutuellement et se chamaillent - Ces deux, pires que chien et chat, toujours Ă gnĂco-gnĂĄco ! Voir patĂn patan.
gnoc
adj. Mouillé. (Origine incertaine). Voir trempe.
gola, goula
n.m. Gorge du porc. On utilise principalement cette partie du cochon pour le pùté et le boudin, mais on peut la consommer également frite. Accompagné de frites, il constitue un des mets habituels du pÚle-porc. (De l'OCC. golar [pron. goulà ]). ITAL, CAT. gola : gorge. ESP. gula : gloutonnerie.
golgue
n.f. ï1. Bille en terre des cours de rĂ©crĂ©ation d'autrefois. Voir belbe, boulard, clote, hoyo, poque. ï2. Bourses, testicules. (Origine incertaine. Amalgame possible de golça : gousse, et boga : bogue).
gommeux
adj. Vaniteux, snobinard. - Celui-lĂ , quel gommeux ! (Origine incertaine).
gonfle
adj. ï1. EnflĂ©. - Il a trĂ©buchĂ© en montant les escaliers ; aprĂšs trois jours, il a encore le genou tout gonfle. (De l'OCC. enfle, et francisation du mot). ITAL. gonfio, CAT. inflat, ESP. inflado. ï2. n.f. Ballon de rugby. Voir bĂ©chigue, bouigue, bourriche, pĂ oume.
gorger, engorger
v. Gaver. - Il faut que jây aille ! Câest lâheure de gorger les canards ! Voir embuquer.
goudoufle
ï1. n.f. Ampoule. - Oh, lui au moins il risque pas de s'attraper des goudoufles aux mains, Ă rester assis sur son banc Ă l'ombre ! (De l'OCC. bodenfla : ampoule, vessie, bulle). ï2. adj. EnflĂ©. - Il faut que j'arrĂȘte de bouffer, moi, pasque lĂ , je me sens un peu goudoufle ! (de l'OCC. bodenfle : enflĂ©, bouffi ; orgueilleux).
goudoumar
n.m. Malotru, ours mal léché ; souillon. (De l'OCC. godomar).
goulamas
n.m. ï1. - Goinfre, goulu. Quel goulamas çui-lĂ ! Il mangerait un Ăąne sans le peler ! Voir aganit. (De lâOCC. golamĂ s ou goulamard, eux-mĂȘmes de gola : gueule). CAT. golafre. ESP. gula : gloutonnerie. ï2. - Personne peu soigneuse, qui sabote un travail. - Tu peux plus faire confiance Ă personne maintenant, eh ! T'as que des goulamas qui te salopĂšjent le boulot par-tout ! (De l'OCC. golamĂ s : vaurien). Voir aganit, ganit, goulufard, tchapaĂŻre.
goulufard
n. et adj. Morfale. (De l'OCC. gola : gueule). CAT. golafre. ITAL. gola : gourmandise, ESP. gula : gloutonnerie.Voir aganit, ganit, goulamas, tchapaĂŻre.
goulut
n. et adj. Goulu-e, glouton-ne. (De l'OCC. golut, goluda). ITAL. gola : gourmandise, ESP. gula : gloutonnerie. Voir aganit, goulamas, goulufard, tchapaĂŻre.
gountser
v. Huiler une poĂȘle avant de faire cuire quelque chose. (De l'OCC. unchar, untar) ESP. et CAT. untar, ITAL. ungere.
gourgue
n.f. - Le dimanche on va promener Ă Garonne du cĂŽtĂ© des gourgues, il fait bon, il y a de lâombre... Endroit oĂč le fleuve fait des sortes de mares dâeau calme, mais parfois aussi pro-fonde. (De l'OCC. gorg et gorga [pron. gourg et goĂșrgo] : mare). Voir clot, igue, lavogne.
gourluper
V. Variante de ferluper, hurluper ou surluper. Voir ces mots.
gourmandises
n.f. Sucrerie, dessert sucré, friandise. Moi, pour finir un repas, il me faut toujours une petite gourmandise. (De l'OCC. gromand : gourmand). ESP. golosina.
gous
n.m. Chien, clĂ©bard. (employĂ© pĂ©jorativement). â Mais oĂč il est passĂ© ce putain de gous ? (De l'OCC. gos). CAT. gos : chien. Voir pissegous
goût
expr. Avoir goĂ»t Ă : avoir un goĂ»t de. - Tu ne trouve pas que ce vin, il a goĂ»t Ă bouchon ? (De l'OCC. trobar a, sentir a). ESP. saber a corcho, mĂȘme construction. Voir agaoumit, donner Ă , goĂ»ter sel, trouver Ă .
goutéjer
v. Tomber goutte à goutte, fuir en parlant d'un toit, dégoutter. - Je croyais avoir fait une affaire avec cette maison que je viens d'acheter... L'autre jour, il a plu quatre gouttes, j'avais le toit qui goutÚjeait de partout. (De l'OCC. gotejar). CAT. gotejar, ESP. gotear, ITAL. gocciolare. Voir chagater, plaouvinéjer, pleuvoir.
goûter sel
expr. Goûter un mets avant de le servir afin de vérifier qu'il est bien salé. - Je m'en vais goûter sel avant d'amener ces champignons, parce que moi, je sale jamais assez... (De l'OCC. gostar de sal). Voir Voir agaoumit, donner à , goût à , trouver à .
goutte
n.f. Petite pluie. - Il a beaucoup plu cet aprĂšs-midi ? - Oh, il a fait quatre gouttes, juste pour mouiller la poussiĂšre ! (De l'OCC. A fait quatre gotas [pron. goĂștos]).
gouttiĂšre
n.f. Fuite dâeau dâun toit. - Depuis le dernier orage, jâai des gouttiĂšres partout Ă la maison ! NB. La gouttiĂšre en FR. est le chĂ©neau. (De l'OCC. gotera [pron. goutĂšro]). CAT. & ESP. gotera : fuite dâeau, donc mĂȘme sens qu'en parler mĂ©ridional.
grabels
n.m. Pissenlits - Rien ne vaut une bonne salade de grabels, mais encore faut-il aller les ramasser ! (De l'OCC. gradĂšl ou grabĂšl).
gradaillé (pain)
Pain aillé. Voir chinché.
gragnote
ï1. n.f. Grenouille. ï2. expr. - Manger la gragnote : faire faillite. (De l'OCC. granhĂČta).
gragnoutĂšre
n.f. Bruit ; musique dĂ©sagrĂ©able, rengaine, rappelant la monotonie du chant des gre-nouilles. - ArrĂȘte-moi cette gragnoutĂšre, ça soĂ»le ! (De granhĂČta : grenouille).
grahus
ï1. n.m. Souffreteux, malingre... - Regarde-moi ce chien, il veut rien avaler ! - Allez, mange, grahus ! (De l'OCC. grafĂșs ou grahĂșs : puant, grossier, charogne). Voir brĂšle, chisclĂ©t, mĂ©nut, piĂštre, peine, tras. ï2. n.m. Ce qu'il reste du foin dans la grange aprĂšs avoir enlevĂ© celui-ci
graillou
n.m. Bon petit repas. (de l'argot FR. graille - nourriture - auquel s'est rajouté le suffixe diminutif occitan -ou).
grain d'aĂŻl
n.m. ï1. Gousse d'aĂŻl. ï2. Se dit dâun garçon aux cheveux plaquĂ©s, lissĂ©s ou gominĂ©s. ï3. expr. Voir gigot.
graines
n.f. Petites graines : Graines de trÚfle, luzerne (plantes fourragÚres). - AprÚs avoir moisson-né le blé, l'orge, l'avoine... on moissonnait les petites graines. Allusion à leur petite taille par rapport aux céréales.
graisse d'endure
expr. - Je me suis tordu la cheville, eh bé le docteur il m'a dit que pour patienter, j'y passe de la graisse d'endure. C'est à dire qu'il faut prendre son mal en patience en attendant une probable amélioration. (De l'OCC. grais d'endura : m. à m. : graisse de patience, d'endurance.
grandas
adj. Adolescent, mais aussi trop grand pour son Ăąge. - Atche-le ce grandas, lĂ , qui va jouer avec les minots de la maternelle ! (Adj. grand suivi du suffixe augmantatif occitan -as). Grandoulinas se dit de quelqu'un qui est grand et qui nâa pas eu le temps de sâen rendre compte. Voir despindjolard, ficelle, galĂ©.
grandét
adj. Grand, en parlant dâadolescents.- Mais câest quâil est dĂ©jĂ grandĂ©t ton dernier ! (Adj. grand suivi du suffixe diminutif occitan -Ă©t). Voir despindjolard, ficelle, gafĂ©t, galĂ©, grandas, jeune-fille.
graougner, graouiller
v. PĂȘcher Ă la main les poissons sous les pierres. (De l'OCC. graulhar : pĂȘcher les grenouilles, lui-mĂȘme de graulha : grenouille).
graoupigner
v. Griffer. - Et qu'est-ce que tu t'es fait Ă la figure ? - Oh ! C'est rien, je me suis fait graoupi-gner par le chat ! (De l'occ. graunhar, graupinhar : se gratter).
gratĂšre
n.f. Avoir la gratÚre : avoir des démangeaisons et ne pas cesser de se gratter. - Depuis que j'ai touché ce chien, j'ai la gratÚre. Il avait des puces ou quoi ? (de l'OCC. gratela : gùle).
gratifous, graoutifous
n.m. Sensation d'irritation sur les muscles de la mĂąchoire que provoque un fruit insuffisam-ment mĂ»r et quelque peu acide. -Elles me donnent le graoutifous ces prunes. Elles sont mĂȘme pas mĂ»res ! (De l'OCC. gratar : gratter ; dĂ©manger).
graton
n.m. Rillon. (De l'OCC. graton [pron. gratos]). Voir friton.
gratounade
n.f. Grande soirĂ©e organisĂ©e dans la salle des fĂȘtes du village (Tarn, particuliĂšrement) oĂč l'on consomme un repas constituĂ©e de plats Ă base de canard uniquement - gratons, fritons (rillons), magrets, confits -. (De l'OCC. graton [pron. gratou]: rillon).
gratte
n.f. Roche sédimentaire constituée de petits graviers, dans la mine de Decazeville notam-ment. (De l'OCC. grata : grÚs dur et siliceux).
gratter
v. DĂ©manger ; gratter. - Ăa me gratte ! - Eh bĂ© t'as qu'Ă te gratter si ça te gratte ! (De l'OCC. gratar). Voir gratusser.
gratusser
v.t. Gratter. (De l'OCC. gratussar : Ă©triller). ITAL. grattare : gratter, grattugiare : rĂąper.
grélade
n.f. Grillade de chĂątaignes, faite au moyen d'une poĂȘle perforĂ©e mise sur la flamme. - Reste souper avĂ© nous, vaĂŻ, qu'aprĂšs on fera une grĂ©lade et on boira du vin nouveau ! (De l'OCC. grelada [pron. grelĂ do]).
grésale
n.f Grand récipient de terre cuite verni, généralement jaune et vert, d'un diamÚtre avoisi-nant les soixante centimÚtres et la trentaine de profondeur, servant à recevoir les mor-ceaux d'oie, de canard ou de porc au moment de la découpe. Certaines grésales plus pe-tites sont conçues pour servir le cassoulet. MIDI TOULOUSAIN.
grillons
n.m. Voir gratons
grillous
n.m.pl. Inflorescence de choux avant Ă©panouissement, se mangeant comme des brocolis, avec des Ćufs durs en vinaigrette. (De l'OCC. grilhons). Voir tanous.
grimace
n.f. Mauvais pli. - Tes pantalons ils font une grimace, là derriÚre. Soit ils sont mal repassés, soit ils sont mal faits. En tout cas, y a quicom que va pas ! (De l'OCC. far moninas : faire des grimaces - faire de mauvais plis).
grisette
n.f. (à Toulouse) compagne du flÚou (voir ce mot). On dit aussi grisÚto. (De l'OCC. griseta, sorte d'échassier). Voir carnaval, carnus, dame, jeune-fille, falsaïre, madonne, marùtre, mé-nagÚre, ménine, mounÚque, nénette, patronne, pousouÚre, sansogne.
grougnĂ ou, grougnou
n.m. Goujon (poisson). (De l'OCC. gronhau). Voir calicoba, canabÚre, fissou, gar-buste, montre, pescofi, piquée, puisette.
groule
n.f. ï1. Vieille chaussure, grolle. - Jâen ai marre de ces groulles qui me font mal aux pieds ! (De l'OCC. grola, grolla ou grolha [pron. groĂșlo, groĂșllo ou groĂșillo] : savate, vieille chaus-sure). ï2. expr. - Porter les savates en groulles c'est les porter sans les lacer, en Ă©crasant avec le talon la partie arriĂšre.
groumandises
Voir gourmandises.
gueille
n.f. ï1. Etoffe de bonde que l'on met pour Ă©viter que le vin ne s'Ă©vapore du tonneau. ï2. par extension : guenille, vieil habit - T'as pas autre chose Ă te mettre que ces gueilles ? (De l'OCC. guelha). Voir peillarĂČt, peille, tras. ï3. Personne maladroite, manche. - Comment tu veux qu'ils passent en premiĂšre division ? Il n'y a que des gueilles dans cette Ă©quipe ! (Origine incertaine, peut-ĂȘtre de l'OCC. guĂšlh : borgne, personne qui louche). Voir biais (avoir du), maoagit, mastoc, pastis, pĂ©goumas, peintre, trastĂ©jer.
guĂšre
expr. Pas guĂšre plus : GuĂšre plus, beaucoup plus. - ArrĂȘte de chercher ! Tu as ramassĂ© dix kilos de cĂšpes, tu n'en trouveras pas guĂšre plus aujourd'hui, eh ! ... (De l'OCC. n'i a pas gaire : il y en a peu).
guetche
adj. et n. Louche ; strabique ; qui penche d'un cÎté plus que de l'autre. Se dit d'un objet de traviole.
gueuleps
n.m. Cri, hurlement ; forte engueulade. - Pousser un gueuleps : crier ; engueuler ; rĂ©priman-der quelqu'un ou un groupe de personnes trĂšs violemment. â Fais gaffe au nouveau chef, si tâarrives pas Ă lâheure, il pousse de ces gueuleps, con, il te fait peur ! (Du FR. gueuler). ARGOT LOCAL.
guigne
n.f. Griotte. En FR. la guigne est une petite cerise au goût trÚs sucré au contraire de la guigne de chez nous qui est amÚre. (De l'OCC. guinda, guindol, griotte). CAT. & ESP. guinda.
guindoul
n.m. ï1. VariĂ©tĂ© sauvage de cerise ; guigne. ï2. Sexe du garçon. (Familier et non vulgaire, plutĂŽt affectueux. De l'OCC. guindol : guigne). Voir piche, riuchiucchiu, sguĂšgue.
guingassou, guingasson
n.m. Petit clou de tapissier. (Du GASC. guingachon pron [guingachou]).
guirbe
n.f. Corbeille ; panier oblong Ă anses ; panier de vendangeur ; panier de pĂȘcheur. Je viens de ramasser les chĂątaignes, j'en ai une pleine guirbe. (De l'OCC. guirba). Voir banaste, carredjadou, garbuste, paillassou, paniĂšre.
H
ha !
interj. En avant ! Se dit pour faire avancer les bĂȘtes (les vaches en particulier). - Allez ! ha !
habituer
expr. Habituer quelque chose : Sâhabituer Ă quelque chose. - Alors, tu les as habituĂ©es tes nouvelles lunettes ? : ... tu t'y es habituĂ© ? (Calque OCC.).
haĂŻssable
adj. Se dit d'un enfant quelque peu pénible. - Oh ! Qu'est ce que tu es haïssable, alors ! : Si tu continues comme ça, un jour ou l'autre il se pourrait bien qu'on finisse par te haïr⊠mais ce n'est pas sûr. (De l'OCC. aissa : souci, ou aissós : détestable, suivi du suffixe FR. -able). Voir caïner, carcinét, gùté-pourri.
ham !
onom. A l'adresse d'un enfant pour l'inviter Ă ouvrir la bouche pour manger. - Ham ! Elle est bonne la soupette, eh ? Quelle est bonne la soupette de mamie ! Haaaam! (Du GASC. hami : faim).
harencade
n.f. Hareng salĂ©, hareng saur ; maigre, dessĂ©chĂ© comme un hareng saur. â A force de bouffer des lĂ©zards, j'ai le chat, on dirait une harencade ! (De L'OCC. arencada). CAT. arengada : sar-dine saumurĂ©e. ESP. arenque : hareng.
hart (hart négat)
adj. - Repu, gorgĂ©, rassasiĂ©, assouvi ; soĂ»l ; au figurĂ© fatiguĂ©, excĂ©dĂ©, qui n'en peut plus. - T'aurais dĂ» venir au repas des chasseurs, on est sorti de lĂ , con, harts nĂ©gats ! (Du GASC. hart). CAT. afartar-se de manjar, mĂȘme sens ; ESP. harto : repu, rassasiĂ©. Voir aganit, crĂ©badis, escaner, gagner, harter, hartĂšre, mascagner.
harter (se)
v. pron. Se rassasier, manger avec excĂšs. Voir hartĂšre. CAT. afartar-se de manjar, ESP. hartarse : mĂȘme sens
hartĂšre
n.f. ï1. Rassasiement, dĂ©goĂ»t. Voir afart, assadouler, bĂąfras, farnac, hart, rabaner, rebuter, reganter, reprocher. ï2. Bombance, ivrognerie, cuite. - Quelle hartĂšre ! : Quelle cuite ! Quelle ventrĂ©e ! Voir bandĂ©, bĂ©ouĂ©t, coufle, cufelle, empaffer, empĂ©guer, fatiguĂ©, ganarre, joli, murge, pĂ©tĂ©, pintĂ©, sadoul, tenir (en ~ une). ï3. Ennui insupportable provoquĂ© par un excĂšs de travail, par une personne ennuyeuse. Voir assadouler, cagagne, empĂ©tĂ©guĂ©, ergne, gnĂco-gnĂĄco, mouscaille, peine. ï4. expr. - Se gagner la hartĂšre : gagner son pain. (Du GASC. hartera).
hasard (Ă tout)
expr. [pron. Ă toutazar] par influence de l'expr. OCC. a tot astre bon astre [pron. a toutĂ stre bounastre], alors qu'en FR. on devrait dire [Ă tou â azar].
heure
expr. ï1. A bonne heure. - Tu tâes levĂ© bien Ă bonne heure ce matin, macarel ! Tu es tombĂ© du lit, ou quoi ? : ....de bonne heure⊠ï2. n.f. - lâheure vieille : Ancienne heure, heure solaire, qui a Ă©tĂ© remplacĂ©e par "lâheure lĂ©gale", en avance dâune heure sur celle-lĂ . Cette expression sâemployait surtout pendant lâOccupation oĂč lâheure lĂ©gale Ă©tait lâheure allemande et dans les premiĂšres annĂ©es de la mise en place de lâheure actuelle qui bouscu-lait quelque peu les habitudes de vie condionnĂ©es par lâheure solaire. - Nous, on dĂźne Ă midi, mais de lâheure vieille, eh, pas de lâheure nouvelle... (De l'OCC. lâora vielha [pron. l'oĂșro biĂ©illo]). ï3. expr. - Rentrer Ă toutes les heures : rentrer trĂšs tard dans la nuit. Si tu sors ce soir, ne rentre pas encore Ă toutes les heures comme chaque fois ! Qu'on se fait du souci nous autres aprĂšs ! (On dit aussi : rentrer toute la nuit).
hiorres
n.f. Andouille (Produit de charcuterie cuite, emballé en boyau, constitué principalement du tube digestif des animaux de boucherie, en particulier du porc).
hirbe
Voir guirbe.
hise
expr. Faire la hise : Faire bisquer, enrager quelqu'un en le rendant intentionnellement ja-loux. - Maman ! Il arrĂȘte pas de me faire la hise avec ses souliers neufs ! (Du GASC. hisa : dĂ©fi).
hĂŽtel
n.m. Restaurant. - Comme on va Ă Toulouse, on va pas s'embĂȘter Ă emporter le casse-croĂ»te, on ira manger Ă l'hĂŽtel. : ... au restaurant.
houe
n.f. Outil de jardinage appelĂ© bĂȘche en français, de la forme d'une pelle tranchante sur la-quelle on appuie avec le pied, et servant Ă labourer la terre. NB. dans le MIDI TOULOUSAIN une bĂȘche est une espĂšce de pioche Ă lame assez large et recourbĂ©e servant Ă sarcler. Cet outil s'appelle houe en FR.. NB. Dans l'Aude on ignore le nom de houe Voir andusac, bĂȘche, bĂ©-zouy, bigos, fessou, majunquer, paloun, pelle-bĂȘche, pelleverser, sarclĂ©t, trinque.
houe
n.f. Buse, busard (Du GASC. hua).
hougner
v.t. Pousser du doigt pour faire entrer de force. (Probablement du GASC. honilh : entonnoir).
hourrer
v. Bousculer, battre, chahutter. - La prof, elle s'est fait salement hourrer. (Du GASC. : horrar : aboyer avec fureur, se disputer). Voir bastonner, batailler, castagner.
houy ! allez houy !
expr. Allez ouste ! A l'origine cri pour chasser les cochons.
hoyo
n.m. Jeu de billes consistant à envoyer la bille dans un creux ou trou. [Prononcer en accen-tuant sur le premier o]. Jouer au hoyo. (de l'ESP. hoyo, trou) : Voir belbe, boulard, boule, clote, golgue, paranclét, poque, trou, fossette.
huile cramée
n.f. Huile de vidange. - Qu'est-ce que t'en fais de l'huile cramĂ©e toi, Louis ? Oh bĂ© moi je m'en sers pour allumer le feu dans le prĂ© quand j'ai quelque branche Ă brĂ»ler par lĂ , ça me coĂ»te moins cher que le mazout ! - Ah ! T'as raison ! Et puis ça au moins c'est Ă©cologique, tĂȘ !
huile de souquette
n.f. Vin. (m. à m. huile de petite souche) - Tu veux une tisane Robert ? - Donne-moi de l'huile de souquette que ça me fera plus de bien que la tisane, vaï ! (De l'OCC. soqueta : petite souche). Voir gabel.
huit-cents
n.m. Un pain de 800 gr. - Certaines personnes continuent de demander un 800 à la boulange-rie et on leur sert un pain de 400 gr ! C'est de l'arnaque ? - Oh bé, non, c'est comme ça,⊠tout fout le camp, pauvre !
hum (Ă )
Voir fum (Ă ).
hurguer
v. Fouiller dans un petit orifice afin d'en déloger quelque chose. Exemple avec une mini fourchette pour extraire un mollusque d'un coquillage. (En GASC. hurgar). ESP. hurgar, CAT. furgar, ITAL. frugare : fouiller.
hute (Ă )
expr. Partir à hute, GASCOGNE : prendre la fuite, déguerpir. (De l'OCC. a huta / a futa).